Comme tu le sais, ou pas, cette semaine ne s’est pas exactement passée comme prévu . Et ça peut te paraitre un peu déplacé que je remette le sujet sur le tapis. Parce que ce n’est pas politiquement correct. Mais moi j’t’emmerde.


Non pardon. Ça c’est la chanson. C’est que je suis une Bénabar addict. Du coup dès qu’une phrase contient un début de paroles, c’est plus fort que moi, la suite des paroles sort immanquablement.


Remarque, là ça tombe bien, parce que, quelque part, ça traduit un peu ma pensée. Non pas que je tienne particulièrement à t’insulter, ô gentil lecteur. Non, c’est à Madame Culpabilité que je m’adresse. Oui, toi là-haut, qui me prend en traître à chaque occasion, je t’emmerde.


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D’accord, j’ai voulu des enfants, maintenant je les ai, pas la peine de venir me plaindre. OK. Mais bon, si on va par-là, personne n’aurait plus le droit de râler sur son job, son partenaire ou encore son animal de compagnie. Tu vois ce que je veux dire, je suppose. Bien. Et puis tu connais l’adage : Qui aime bien, châtie bien. Bon, ce n’est pas franchement mon préféré celui-là, il me rappelle un prof que je détestais, qui disais ça à tout bout de champ. M’enfin l’idée est là.

 

Donc reprenons à la base. Chère Culpabilité. J’ai deux enfants. Je les aime. Je m’occupe d’eux tous les jours. Je m’inquiète de leur bien-être, de leurs émotions, de leur bonheur, de leurs angoisses. Quotidiennement. Même si je ne suis pas d’une patience angélique, je leur donne tout ce que je peux. Je fais mon maximum pour eux. Je dépasse mes limites pour eux. Je me remets en question pour eux. Et c’est normal.

 

Alors une fois, une seule petite fois dans l'année, j’ai quand même bien le droit de souffler un peu et de retrouver la liberté de ne m’occuper que de moi, non ? Pour une fois, j’ai le droit d’être entièrement égoïste. Surtout quand je fais en sorte que, de leur côté, ils aient tout ce qui leur faut pour être bien. Voire même heureux.

 

Bon, il se trouve que cette année, alors que la coupe est pleine et que cette petite trêve arrive à brule-pourpoint, le hasard en a décidé autrement. Les trois jours de cocooning individuel se sont évanouis. J’avoue, la pilule est un peu difficile à avaler. En plus je ne peux même pas me défouler sur le responsable, puisqu’il n’y en a pas. C’est là que tu entres en jeu, sale Culpabilité. Te voilà avec tes grandes leçons de morale, venir me dire de ravaler ma tristesse et ma lassitude. Qu’après tout c’est mon rôle de maman de les dorloter. Qu’il n’y a vraiment pas à tortiller. Qu’ils passent avant. Alors je ravale mes larmes. Je serre les dents. J’essaye d’oublier mes petits projets rien qu’à moi. Je joue les filles positives, me félicitant d’avoir posé deux jours de congés qui me permettent d’assumer davantage mon rôle de maman. J’écoute la petite voix et me dit que c’est vraiment trop nul d’être aussi déçue, que j’aurais fini par m’ennuyer, toute seule, de toute façons.

 

Sauf que la petite voix n’est pas assez crédible. Même en me forçant, je n’arrive pas à la croire. Et je m’en veux pour ça aussi. Si c’est pas le comble quand même, s’en vouloir de ses propres émotions ? Culpabilité de merde, va.

 

Heureusement, même si je ne suis pas dans les meilleures conditions possibles, ces journées avec les enfants sont réussies. Puisque mes plans tombent à l’eau, je n’ai rien d’autre à faire que de jouer avec eux. A nous les jeux de 7 familles, les histoires et les balades. Les pique-niques improvisés dans le salon, les tours en tracteur fabriqué avec les chaises du jardin, les jetés de ballon. On démultiplie les allers-retours aux toilettes pour cause d’initiation du Bonhomme à cette pièce qu’il ne connaissait que de loin. On prend le temps de vivre, en quittant la montre des yeux, en interdisant les « dépêche-toi ».

 

Maintenant, la semaine se termine.  Les deux derniers jours, avec retour au boulot et chez SuperNounou, n’ont clairement pas été à la hauteur du semblant de zénitude qu’on pensait retrouvé. Les changements de rythme incessants ne sont pas propices à la récupération. Je croise à nouveau les doigts pour que demain nous entrions dans une nouvelle phase. Celle où les petits vont trouver un climat serein au grand air, loin de leur maman défraichie. Celle où je vais pouvoir jouir d’un petit week-end en solitaire pour regonfler mes batteries.

 

Parce que penser à mon bien-être, c’est penser à celui de mes mômes aussi, n’en déplaise à Madame Culpabilité…

 

 

Et toi, tu entretiens quel genre de relation avec tes petites voix ?


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