symbole-chinois-ami.jpgA comme Amitié


 D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu autour de moi des amies sur qui je pouvais m'appuyer. Je n'ai pas une meilleure amie que j'aurais connu à la maternelle et que je n'aurais jamais perdue de vue. Non, ça je ne connais pas. Rien d'extraordinaire si on considère le nombre de déménagements que j'ai du faire. Ainsi, à chaque maison ou appartement, à chaque période de ma vie, est associée une amie en particulier.


On peut dire que, quelque part, je me suis construite avec mes amies. Chacune d'elle a compté à sa façon. A vu une facette de moi. A partagé une période bien précise de ma vie. Et réciproquement, je faisais partie de leur quotidien pour quelques mois ou quelques années le cas échéant. Non pas qu'elles aient disparu de la circulation les unes après les autres. Mais c'est en vivant quotidiennement à côté de quelqu'un qu'on le connait le mieux, non ?

 

Dans le désordre et surtout sans ordre d'importance, je pense à ma colloc' préférée, avec qui nous avons partagé tant d'épisodes d'Ally Mc Beal et de Friends. En mangeant des madeleines et du chocolat achetés chez le petit épicier du coin. A son canapé rouge et sa table vache. Aux appels en Grande Bretagne quand j'étais au fond du trou. A ses décorations de table pour mon mariage.

 

Je pense à ma voisine de bancs de fac préférée, aux midis dans mon appart, aux vacances chez sa grand-mère. A l'attente des résultats en mattant les mecs au parc, à sa présence pour ma crémaillère alors que le chagrin la submergeait. A sa quiche sans pâte et les petits plats cuisinés de sa mère. A son mariage sous un soleil de plomb. A nos enterrements de vies de jeunes filles. 

 

Je pense à ma  collègue préférée  dans cette PME qu'on a finalement réussi à quitter, à Amélie Poulain et au club de sport où on ne finissait jamais notre abonnement. A sa présence quand j'étais malheureuse à cause de son meilleur ami. Au soutien maladroit que j'essayais de lui manifester dans ses périodes de creux. A nos vacances à Contis-Plage et nos 30 km en vélo. A son lâcher-prise à mon mariage.

 

Je pense à ma première grande amitié. A Bram Stocker et De Laclos. Au voyage en Allemagne et à nos 18 ans fêtés ensemble. A Colmar et à Jean-Jacques. A nos échanges épistolaires et nos nuits à chuchoter. A nos vacances d'hiver entre révisions et promenades dans la forêt. A nos main dans la main et nos amours de jeunesse. A son mariage et aussi au mien.

 


Comme tu peux voir, elles étaient toutes au rendez-vous pour l'un des jours les plus importants de ma petite vie, il y a quelques années. Elles se connaissent peu mais ont toutes entendu parler les unes des autres. Elles ont en commun d'avoir laissé un grand vide une fois sorties de mon quotidien, pour cause de déménagement, de bifurcation dans les études, de changement de boulot.


Mais même si la géographie et le quotidien ne sont pas favorables à la sauvegarde d'une vie sociale riche et fournie, les liens ne sont pas rompus pour autant, aussi ténus soient-ils parfois. Il suffit d'un coup de fil ou de cinq minutes en tête à tête pour que la complicité renaisse. Comme si nous nous étions quitté la veille.

 

Aujourd'hui encore, en cas de bonheur intense ou de pépin, c'est souvent vers l'amitié que je me tourne pour partager ou chercher du réconfort. J'ai d'ailleurs appris qu'elle pouvait aussi se décliner au masculin. Avec toute la valeur ajoutée et la complexité que cela peut supposer.

 

Mais ce qui est sûr, c'est qu'on est bien démuni sans elle.



Et toi, une flopée d'amis ou un noyau dur ?

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