Il serait peut-être temps d'en dire un peu plus sur ma condition de mère lacunaire, qu'en penses-tu ? Alors pour toi, lecteur curieux, voici le pourquoi du comment de ce nom de blog un peu particulier, et pas très glamour il faut l'avouer – mais ça sonne bien, non ?

 

Avant d'enfanter, toute femme à peu près normalement constituée, ou en tous cas ayant eu une enfance classique comprenant moult lectures de contes de fées et une adolescence toute aussi banale avec visionnage intensif de films sentimentaux et autres séries B faisant couler l'eau des yeux, cette femme là donc s'imagine qu'elle va forcément tomber amoureuse d'un beau mâle plein de qualités, et qu'elle lui donnera de beaux enfants dont elle saura s'occuper mieux que personne …

Ca c'est pour la théorie. Dans la réalité, tu l'aura compris c'est une toute autre histoire ! Je passerai sur les qualités du mâle amoureux car là n'est pas mon propos, même si pour ma part je suis plutôt bien tombée, mais pas touche minouche.

 

Dans la réalité – disons MA réalité – l'instinct maternel et tout ce qui va avec, je le cherche encore ! Dès que la prunelle de mes yeux a vu le jour (il y a quelques années déjà), j'ai été dépassée par les évènements ... Pourtant j'étais super au point sur les parties précédentes, j'avais réussi haut la main les diplômes Grossesse et Accouchement, je pensais donc naïvement que le plus dur était fait, que la suite n'était qu'amour et douceur, que sourires béats et câlins ...

 

D'abord j'avais complètement zappé la partie du programme qui dit « Tu ne dormiras point les premiers mois ». Pas de bol tu me diras, mais c'est vrai, mon cerveau à fait l'impasse. Je le soupçonne d'avoir fait exprès, sachant bien qu'une grosse dormeuse comme moi aurait renoncé à enfanter dans ces conditions... C'est donc sereinement que je me suis endormie le premier soir avec Choupette dans son berceau. Surtout que la naissance nous avait toutes deux tenues éveillées la nuit précédente - ainsi que le papa, mais lui il à cet instant précis dormait déjà à poings fermés dans notre lit conjugal alors ça ne compte pas. Forcément, la sérénité et le calme n'ont pas fait long feu parce qu'un nouveau-né, aussi mignon soit-il, nécessite de se nourrir environ toutes les 3h, jours ET nuits … Et s'il daigne se rendormir dès qu'il est lesté, t'as drôlement de la chance …

 

 

Me voilà donc bien embarquée dans une aventure qui devrait durer une vingtaine d'années... Pauvre de moi, et surtout pauvre d'elle, cette Choupette qui n'a rien demandé à la vie et se retrouve affublée d'une mère incompétente qui sanglote dès la première semaine en se demandant si elle va s'en sortir avec sa propre fille (merci le baby blues)... Dommage, mauvaise pioche ! Mais quand même, dans son malheur cette petite a de la chance, parce que son paternel, lui, il a les qualités requises non seulement pour s'occuper d'elle, mais aussi pour soutenir sa môman. Et oui, l'instinct maternel, il l'a lui, nous sommes sauvées !!

 

 

 

J'en plaisante et je noirci le trait, mais je te rassure, le lien mère-fille, le fameux, a bel et bien eu lieu et même si mère-parfaite est à mille lieux de me ressembler, l'amour que j'ai pour ma Choupette n'a d'égal que le mal que je me donne pour lui donner le meilleur de moi. Bien sûr il y a des instants magiques et d'autres désastreux, la mère-caresse se transforme parfois en mère-colère, mais toujours dans la remise en questions. J'essaye de remplir mes lacunes à coup de livres, de témoignages, de tentatives plus ou moins fructueuses. Et au final on s'en sort pas si mal ! La preuve en est que la famille s'est agrandi avec un Bonhomme aussi tendre et drôle que sa sœur est joyeuse et autonome. Les moments d'impuissance et de confusion même s'ils n'ont pas disparu, se vivent avec un peu plus de sérénité, d'autant plus que nos deux loustics ont l'air parfaitement heureux et bien dans leur peau, et c'est bien ça le principal, non ?

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