Je ne suis pas du genre à m'imaginer que les pires abominations vont arriver à ses enfants. Enfin, pas tous les jours.


Je ne suis pas du genre à empêcher ma progéniture de jouer dans le jardin, pour cause de danger potentiel. Enfin, sous réserve que les outils de jardinage soient rangés.

 

Je ne suis pas du genre à interdire l'accès à l'aspirateur, l'ordinateur ou tout objet d'adulte. Enfin, sous le contrôle parental.

 

Mais je suis consciente que jusque là nous avons la chance folle de ne pas vraiment connaître les accidents domestiques. Enfin, presque rien d'autre que de la bobologie. Et je suis consciente que nous ne sommes pas à l'abri.



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Voilà pourquoi j'avais pour projet, depuis très longtemps, de me former aux premiers secours. Même avant d'avoir des enfants, chaque année, dans mes vœux de formation professionnelle, je demandais cette formation. Mais que veux-tu, mes chefs ont préféré me faire faire de l'anglais. Pour le peu que ça a servi. Apparemment, sauver la vie d'un collègue n'était pas une priorité. Et ce n'était certainement pas une question d'argent, vu la modique somme demandée par les formateurs en secourisme. Bref.

 

 

Le projet est resté en stand-bye quelques temps. Jusqu'à ce que nous soyons confronté à une situation qui aurait pu mal se terminer. Cette situation qui m'a fait écrire presque quelques lignes plus haut. Bonhomme avait 18 mois et s'est étouffé avec un sablé. Fait maison de surcroît, je t'explique pas l'angoisse. En l'espace de dix secondes il est devenu tout bleu... GrandHomme a réagi en premier, tentant le geste de Heimlich comme il a pu, vu qu'il n'était pas formé non plus. Sans effet. Prise d'une soudaine inspiration, j'ai alors allongé mon fils sur mes genoux et lui ai administré quelques tapes dans le dos. Ce qui a fait ressortir le bout de gâteau. Et a sauvé la vie de mon fils. Je te laisse imaginer dans quel état nous étions durant les minutes / heures qui ont suivi.

C'est dans ce laps de temps que j'ai dégoté une formation secourisme, PSC1 de son petit nom, dans ma région et que je m'y suis inscrite dans la foulée. Merci Internet. Je l'ai suivie sur un week-end. Ce n'était pas le meilleur moment puisque j'étais en pleine préparation d'un concours pour changer de boulot. Mais tant pis, je ne pouvais plus me trouver d'excuse.

 

 

Après avoir réussi le fameux concours, j'ai rejoint une grande boite dans laquelle, au bout d'un an, une campagne de formation SST (Sauveteur Secouriste du Travail) a été lancée. Comme il fallait que je me mette à jour de ma formation initiale, je n'ai pas hésité. D'autant plus que c'était aussi l'occasion de rencontrer de nouvelles personnes sur mon lieu de travail. Et de rafraîchir ma mémoire des gestes de premiers secours. D'une pierre, deux coups. Et là, comme je te parle, enfin t'écris, je viens de passer une nouvelle journée en formation MAC (Maintien et Actualisation des Compétences, qu'ils disent). Il est donc temps de faire un petit bilan de tout ça, si tu veux bien. (Et sinon, ben passe ton chemin et bonne journée à toi !)

 

 

Déjà, première impression, les formations délivrées sur mon lieu de travail étaient les plus agréables. Pas besoin de laisser la petite famille, de passer deux journées de week-end enfermée dans une salle borgne, avec un formateur certainement compétent mais un peu rustre et d'un certain âge. (Je te parlerai un jour de mon rapport particulier aux personnes âgées.) Ensuite, la continuité de la formation est assurée. Je n'ai même pas à m'en inquiéter, c'est la responsabilité d'autres personnes de m'avertir des futures dates de MAC, vu qu'il faut en faire tous les deux ans.

 

 

Côté contenu, c'était vraiment intéressant. Un peu de théorie bien sûr, mais surtout une grosse partie de mise en pratique. On apprend les gestes, on s'entraîne à les faire et les refaire. A partir de jeux de rôles, on devient la victime ou le secouriste, en passant par le témoin. On apprend à faire les constations, à organiser les gestes et les questions à se poser dans un ordre cohérent, aussi bien qu'à donner l'alerte. Tout y passe. Depuis la brûlure mineure jusqu'au massage cardiaque et l'utilisation d'un défibrillateur automatique. Bien sûr, il ne s'agit pas de remplacer les pompiers, ni de se la jouer Urgences. Pas de champ stérile en vue ou d'opération en pleine rue. Mais des gestes qui sauvent, des paroles qui réconfortent.

 

 

 

Ce que j'ai particulièrement aimé, c'est le côté convivial de la formation. Parce que, mine de rien, on aborde des sujets pas faciles. Quand on parle de victimes, même si ce ne sont que des simulations, on extrapole rapidement. Surtout quand le mannequin représente un enfant en bas-âge. Les exemples donnés sont tout droit tirés de l'expérience du formateur, et même s'il n'est pas obligatoirement pompier, du lourd il en a vu. Du coup, les éclats de rire et les bouffonneries permettent de détendre l'atmosphère. Après, ça dépend aussi du groupe. Le mien était plutôt détendu et avec la réplique qui fait mouche. Ce qui n'a d'ailleurs pas empêché le sérieux de la chose. Durant les mises en situation, chacun était soucieux de faire au mieux, on se corrigeait mutuellement. Les questions, aussi naïves soient elles, ont pu être posées. Pour te dire, nous avons même dépassé le créneau horaire prévu initialement, sans que personne ne quitte la salle. Ce qui n'arrive jamais en réunion d'habitude.

 

 

Dans le prochain épisode, je te parlerai des côtés moins fun, et des responsabilités liées à cette formation.

 

Et toi, le secourisme, ça te parle ?

 

Une pensée particulière à ceux dont la sécurité est le métier. Chapeau bas, m'sieurs dames.

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