Le pourquoi du comment j'ai suivi une formation de premiers secours.


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Mine de rien, cette formation c'est aussi un moyen de dépasser ses limites. Certains sont terrorisés par une grosse perte de sang, d'autres par un membre déplacé ou un scalp. Pour ma part, dès que ça touche à l'œil, je crains. Pas la peine de me raconter une opération de cet organe sous anesthésie locale, je pars en courant. Pour autant, maintenant je connais la conduite à tenir en cas de projection dans l'œil. Et si ça peut éviter, un jour, à quelqu'un de perdre son œil, je garderais les miens ouverts et prodiguerais les soins nécessaires. Je chialerai après, sans doute, mais dans l'action je pense (j'espère) que je serai opérationnelle.

 

 

En attendant, même si je n'ai pas eu l'occasion de prodiguer un massage cardiaque (que Dieu m'en garde), je suis plus attentive dans le soin des bobos. Une petite coupure ? Nettoyage obligatoire, même si ça n'est rien du tout. Sans oublier le lavage préalable de mes propres mains. Un nez qui saigne (comme souvent chez Choupette)? Je n'hésite pas à contredire GrandHomme : la tête, on la met en avant, pas en arrière. Une brûlure légère ? Sous l'eau jusqu'à ce que ça ne fasse plus mal, et surtout pas de gras dessus. Elle dépasse la taille de la paume de la main de la victime ? C'est une brûlure grave, on appelle les secours.

Si un nouvel épisode d'étouffement devait arriver, je saurais quoi faire. Et surtout je ne me poserais pas la question d'appeler ou non le 15 une fois le problème réglé. J’appellerais, parce que c'est ce qu'il faut faire. Pour savoir si une visite chez un médecin est nécessaire, par exemple.

 

 

Le fait de savoir quoi faire rend les choses plus faciles. Pas de doute, pas de temps à perdre en conjectures, on agit. Et si quelqu'un trouve à redire à ma manière de faire, je lui propose de suivre la formation à son tour, et de venir en reparler. Parce que ce n'est pas moi qui décide de ce qu'il faut faire ou non, c'est la marche à suivre qui m'a été enseignée. Et en matière de sécurité, je pense qu'il vaut mieux être un mouton qui suit les consignes, que de chercher à comprendre s'il ne serait pas mieux de faire autrement. D'ailleurs, une fois formés, nous sommes tenus d'appliquer ces consignes à la lettre. C'est notre responsabilité.

 

 

Le revers de la médaille, c'est justement cette responsabilité. Aujourd'hui, mon nom est inscrit sur la liste des secouristes du travail de ma boite. On peut m'appeler en cas d'accident, je devrai répondre présente. Est-ce que je me rappellerai de tout? Est-ce que mes gestes seront suffisamment précis? Parce que, mine de rien, même si j'ai eu trois formations en deux ans, on ne peut pas dire que je sois suffisamment entraînée. Aujourd'hui ma mémoire est rafraîchie, j'ai bien tout en tête. Mais dans un mois, dans un an ? Me souviendrai-je que pour un massage cardiaque, il faut appuyer 30 fois puis insuffler 2 fois ? Que c'est différent pour es enfants ? Si c'est au boulot, j'aurai la possibilité d'être entourée d'autres secouristes qui pourront m'aider. Mais ailleurs ?!

 

Et encore, est-ce que je risque, en voulant bien faire, d'entraîner d'autres blessures?  D'empirer la situation? Est-ce que la victime portera plainte contre moi ?

Parce que, oui, c'est un risque à prendre. Avoir des dommages collatéraux (abîmer une côte est un exemple souvent évoqué par les formateurs), mais aussi se prendre un procès au cul. Même si, moi, je n'imagine pas me retourner contre quelqu'un qui m'aurait aidée, voire sauvée, d'autres pourraient le faire. Je n'avais pas pensé à tout ça en m'inscrivant à cette formation. Mais je n'y renonce pas pour autant, et j'assume (en croisant les doigts pour que ça n'arrive jamais).

 

 

Facile à écrire, me diras-tu. Il est vrai qu'en deux ans, je n'ai pas encore eu l'occasion de mettre à profit cette série de formations, hormis la bobologie donc. Et tant mieux ! Mais jusqu'à quand ? Est-ce que j'assurerai autant quand je serai au pied du mur ? J'espère ne jamais avoir à répondre à cette question. Même si, aussi optimiste que je sois, je ne doute pas que, tôt ou tard, je serai certainement confrontée à un banal accident, domestique ou sur la vie publique. Et je suis sûre que, même si les miens ne sont pas impliqués, je proposerai mon aide, puisque je suis formée pour. Et aussi, sans doute, parce que c'est dans ma nature, d'aider les gens. Sinon je ne me serais pas lancée dans cette aventure, tu ne crois pas ?

 

 

Alors, convaincu(e) de l'utilité de la chose ou dégoûtée par tous les aspects moins glamour ?


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