J'abandonne mon blog quasi un mois (vacances obligent) et pourtant, à ma plus grande surprise, il n'est pas tombé dans le néant. Je suis étonnée de voir que, chaque jour, quelques lecteurs passent par ici, même en l'absence de nouveautés. Certains lisent une seule page, d'autres fouillent un peu plus, parcourant différents articles. 108 visites et plus de 200 pages ont été parcourues pendant mon absence. Ça peut paraître dérisoire pour certains, mais pour moi c'est le signe que je n'écris pas dans le vide. Que mes billets trouvent des échos. Qu'ils font peut-être sourire quelqu'un, quelque part, que je ne connais pas.

 

 

Il faut dire qu'il ne s'agit pas d'un blog vedette. Il n'attire pas des centaines de lecteurs à chaque publication, comme certains que je lis. Mais c'est bien normal. C'est juste un petit blog sans prétention, qui contient des billets assez inégaux, quelques perles, mais trop rares. Et sur le thème particulièrement récurrent de la maternité, de ma maternité. Avec mon regard, mes questionnements, mes sentiments. Un blog très nombriliste finalement. Mais n'est-ce pas là le caractère intrinsèque d'un blog ?

 

 

Parfois je suis en manque d'inspiration. D'autre fois, pas très en forme et sans l'envie d'étaler mes états d'âme sur l'écran vide. Souvent l'écriture d'un billet suppose un temps non négligeable que je n'ai pas. Régulièrement la rédaction s'accompagne de demandes enfantines diverses et variées, mais toutes de la plus haute importance, ce qui génère énervements de part et d'autre. C'est pourquoi je n'ai pas toujours le courage de m'installer derrière mon clavier, alors que l'envie et les idées sont là. Parce que je ne veux pas qu'un blog, initialement créé pour m'aider à prendre du recul sur mon rôle de maman, devienne un élément supplémentaire de culpabilité.

 

Blogueuse Mam

Quand j'écris, je pense à mes lecteurs. J'ai envie de les surprendre, de les faire rire. De leur faire partager mon quotidien, même s'il n'est pas toujours hilarant et encore moins extraordinaire. Mais je tiens surtout à être sincère. Et j'ai parfois l'impression de les tromper. De tronquer quelque peu la réalité, de la ramener à un instantané, un cliché qui ne traduit pas l'ensemble de la situation. Cette vérité dont je parlais déjà là.

 

 

Quelques fois je me dis que le cercle réduit des lecteurs qui me connaissent en dehors de ce blog, doit avoir du mal à me reconnaître. Ou qu'il pourrait s'inquiéter suite à un billet entre gris clair et gris foncé. Pourtant, c'est marrant comme le sujet blog revient rarement dans nos discussions. Comme s'il y avait une certaine pudeur des deux côtés. Comme si cette relation de rédactrice à lecteurs était différente des relations d'amitié ou de fraternité. Ce qu'elle est d'ailleurs.

 

 

Il faut croire que mon image est finalement toujours un peu problématique. Entre l'image que j'ai de moi, celle que je donne, ici ou dans la réalité, celle que je lis dans les yeux des autres, je crois bien qu'aucune n'est le reflet exact de qui je suis. Que veux tu, je suis multiple, voilà tout !

 

 

Avant ce blog je n'avais jamais vraiment abordé le sujet de mes lacunes en maternité, avec mon entourage. En tous cas pas de façon aussi nette. Comme si j'étais plus à l'aise à l'écrit qu'à l'oral. Et aussi plus à l'aise avec un lectorat en majorité anonyme. J'ai la chance de ne jamais avoir été jugée, en tous cas pas directement. Aucun commentaire désagréable n'a été laissé, dans le genre «Tu les as voulu, à toi d'assumer maintenant ». Seulement de la bienveillance.

 

 

Aujourd'hui, je m'interroge sur l'avatar que je me suis choisi. Je ne parle pas  du dessin , qui au contraire me plaît beaucoup, mais du nom que je me suis attribuée. Mère Lacunaire. Il a un côté un peu mère indigne, qui ne me convient plus. Pourtant, à l'origine c'est exactement ce que je voulais revendiquer ou au moins assumer, l'opposé de la mère parfaite. Mais aujourd'hui, je trouve ce statut un peu trop définitif. Je ne suis pas indigne, qui signifie littéralement qui ne mérite pas, méprisable. Ça peut t'étonner car je reconnais que j'ai une certaine tendance à la dévalorisation. Mais je pense que je vaux mieux que ça.

 

D'un autre côté, lacunaire  signifie incomplet. Et là, même si ce n'est pas le mot le plus positif du monde, je te l'accorde, je trouve qu'il me correspond plutôt bien. En tous cas pour l'instant. Parce que, remettons les choses à leur place - et pour répondre au fameux commentaire qui n'a jamais été laissé ici - même si on sait à peu près à quoi s'attendre quand on désire un enfant, on ignore encore si on est équipé pour faire face. Je suis la première à n'avoir jamais envisagé une vie sans enfant. Et pourtant, je n'imaginais pas une seule seconde être dépourvue d'instinct maternel. Un peu comme une femme incomplète en somme. CQFD.

 

 

Ce blog est aussi là pour les mères qui, comme moi auparavant, n'osent pas aborder, avec d'autres, les difficultés qu'elles rencontrent. Qui se sentent à part, différentes de ces mères en apparence parfaites. J'ai découvert avec ce blog qu'on est nombreuses à vivre les mêmes choses, à se poser les mêmes questions. Et même si ça ne fait pas toujours avancer le chmilblick, car chacune aura sa propre réponse, ça fait du bien de se sentir moins seule, moins décalée.

 

 

Ce billet, un peu décousu, était l'occasion de fêter le premier anniversaire de ce blog. Et de me rappeler sa raison d'être. Pour me donner l'ambition de le continuer, aussi assidûment que possible. Avec l'espoir fou qu'un de ces jours, le mot lacunaire n'aura plus de raison d'être. Et figures-toi que dans mes bonnes résolutions de cette rentrée, il est question de s'en donner les moyens !

 

Et toi, comment t'es tu retrouvé(e) sur ce blog, au sens propre comme au figuré ?


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