Quand j'étais jeune (sic) j'aimais les parcs d'attractions. Sentir mon estomac se contracter dans les manèges à sensations, mon cœur battre la chamade, mes poils hérisser sur ma peau, le mélange de la peur et de l'excitation.

 

Je me souviens de mon 1er passage chez Mickey et de l'attente pour monter dans Indiana Jones. Je devais avoir 17 ou 18 ans. A mesure qu'on approchait dans la file d'attente, je découvrais peu à peu le circuit des montagnes russes et j'entendais de plus en plus fort les cris des personnes dans l'attraction. Quand j'ai aperçu le fameux looping, j'ai compris. Et j'ai hésité à faire demi-tour. Ce n'est que poussée et convaincue par mon amie (vive les looongues files d'attente) que je me suis finalement retrouvée installée dans le manège. Et une fois ressortie, quelques 2min30 plus tard, je me suis étonnée que ce soit finalement si « facile ». A peine si j'avais perçu le quart de seconde durant lequel j'avais eu la tête en bas.

 

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Source : Le blog de Martin Vidberg

 

Autre souvenir, la Foire du Trône, quelques 5 années plus tard. Autre temps, autre amie, et relativement peu d'appréhension. Pourtant, si je ne me souviens plus de quel type de manège il s'agissait, mon ventre se rappelle parfaitement des multiples loopings qu'il a subit. A croire que la barrière des 20 ans sonna le glas de ma témérité déjà toute relative.

 

 

Lors d'un nouveau séjour chez Donald & Cie il y a deux ans et quelques mois, Grandhomme et moi avons donc naturellement voulu éviter les sensations trop fortes. Nous avons scrupuleusement esquivé La Tour de la Terreur (à base de chutes d'ascenseur) et nous sommes délectés d'animations plus calmes, bien installés dans des sièges de cinéma. Une erreur de parcours nous a quand même conduit à quelques frayeurs et ébouriffages de mises-en-plis avec Aerosmith. Nous en sommes sortis en titubant, preuve que nous n'étions définitivement plus les gamins inconscients d'antan. Nos cervicales bloquées ont confirmé. Pourtant, pris dans l'euphorie du moment, dans l'insouciance d'un week-end sans enfant, nous avons décidé de braver nos propres interdits en tentant un ultime passage dans Space Mountain. Juste histoire de comparer. De vérifier que nous n'étions pas si croulants que ça, nos souvenirs nous laissant croire que l'attraction était plus supportable que la précédente. Il s'avère que nos mémoires ne furent pas défaillante. L'honneur était sauf.

 

Après analyse, il apparaît donc que plus les attractions sont récentes, plus elles sont remuantes. Question : les jeunes sont-ils plus téméraires qu'il y a 10 ans ou bien est-ce simplement une histoire de technologie ? (Vous avez trois heures.)

 

 

Bizarrement, cet épisode me rappela mon dernier accouchement. Ou plutôt c'est là que je compris que mon corps avait sa propre arme secrète. Celle qu'il sortait en situation d'urgence. Alors pardon aux puristes du genre mais chez moi il ne s'agit ni d'accessoire high-tech, ni de pouvoir de super héros. En fait il semblerait que je sois capable de supporter toute forme de tortures à la condition unique d'extérioriser ma peur et/ou ma douleur à grand coup de … cris stridents, forts et prolongés. Oui je sais, pas très sexy, ni raffiné. Mais c'est ma carapace à moi. Mon côté primitif. L'autre avantage (s'en sortir indemne étant évidemment le premier) est qu'il met à distance tout adversaire. Un tympan percé, ça fait mal. A contrario, ça anéanti à tout jamais la possibilité d'enfanter dans le plus pur style scientologue. C'est ballot. Ou pas.

 

 

Il y a un mois, nous étions à nouveau au pays de Candy. Alors non, je n'ai pas d'action chez eux. En même temps, en calculant bien, ça ne fait que trois passages en vingt ans d'ouverture du parc. Qui plus est, je n'ai eu l'initiative que de mon premier séjour, les deux suivants étant des cadeaux. Bref.

Cette fois-ci, nous étions en famille. Autant te dire que vu l'âge de nos loupiots, la question des sensations fortes fut vite réglée. Quoi que … C'était sans compter sur notre Miss intrépide qui s'est tout autant régalée les yeux devant les différentes parades, qu'elle s'est éclatée au moindre petit mouvement des divers manèges dédiés aux enfants. Nous avons donc profité de la fatigue de nos BonsHommes pour nous faire une petite virée dans la Maison Hantée, puis dans le Train de la Mine. Elle était ravie, secouée (et sourde puisque à côté de sa gueularde de mère), mais ravie !

 

Cette année, ce n'est pas avec mes yeux et mes oreilles que j'ai apprécié le séjour. C'est à travers ceux de mes enfants. J'y ai vu de la magie, du bonheur, de l'émerveillement. Pour être honnête il y avait aussi de la fatigue, de la frustration et de l'impatience. Mais il n'en reste pas moins que c'était de l'émotion pure, de l'émotion forte, de l'émotion beaucoup, beaucoup plus agréable que celle ressentie quand on se fait secouer comme un prunier dans un manège à 100 km/h !

 

Alors même si à l'ouverture de mon paquet d'anniversaire j'ai eu un léger doute sur le réel destinataire du cadeau (moi ou mes enfants ?!), a posteriori je peux dire que nous en avons tous bien profité, chacun à sa façon. Et que ces souvenirs et ces sourires resteront gravés, indéfiniment.

 


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