Qui n'a jamais reçu en pleine face une phrase toute faite bien cinglante alors même qu'on aborde un sujet sensible?

 

Petit florilège de situations

(phrases réellement entendue, subies devrais-je dire, rapportées par différentes blogueuses)

 

* Oui, ton accouchement a été un massacre, mais l'important c'est que ton bébé aille bien, non ?

* Tu as déjà deux enfants, c'est pas bien grave si tu ne peux pas en avoir d'autre, si ?

* Une fausse couche? Oui ben c'est malheureux mais, ça arrive à beaucoup de femmes.

* Encore une fille ? Ça va, pas trop déçus ? (marche aussi avec un garçon bien sûr)

 

 

La parentalité, ça ne te parle pas ? Ok, j'ai d'autres exemples sous la main

(phrases inventées mais sûrement vécues par de nombreuses personnes)

 

* Ton mec t'a quitté? En même temps c'est pas étonnant vu ton caractère ! (marche aussi avec ta meuf / ton stagiaire / ton personnel de maison)

* Ta grand-mère est morte ? Oui ben c'est dans l'ordre des choses.

* T'es au chômage? Ben tu vas avoir le temps pour le ménage et la cuisine, comme ça !

* T'as un cancer ? Si tu fumais un peu moins, aussi...

 

 

Moi, ce genre de réparties, ça me donne juste envie de vomir. Ce que je vois dans ces réponses, c'est de l'incompréhension. C'est l'incapacité de se mettre à la place de l'autre. C'est la négation de sa souffrance. Encore une fois, je trouve que la nature est mal faite. Pourquoi diable la cruauté nous est-elle naturelle lorsque la personne en face de nous a juste besoin d'empathie ?


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L'empathie est une notion complexe, désignant le mécanisme par lequel un individu peut "comprendre" les sentiments et les émotions d'un autre individu. L'empathie est différente de la sympathie et de la compassion (Wikipédia)

 

 

Je ne sais pas si, moi-même, je suis empathique. J'espère que oui. En tous cas j'essaye toujours de me mettre dans la peau de l'autre, de comprendre son point de vue. Parfois je ne comprends pas pourquoi il/elle ressent ceci ou cela, mais, au moins, je respecte ce ressenti.

 

Mais je sais aussi que je ne suis pas toujours totalement disponible. Il m'arrive de rebondir sur ce que dit mon interlocuteur pour revenir sur moi, mes soucis, mes histoires. Sans me rendre compte que j'ai monopolisé l'attention, sans laisser de place à l'autre. Ou plutôt, je m'en rends compte, a posteriori. Trop tard.

 

 

Qui n'a jamais croisé une oreille attentive, patiente et bienfaitrice quand la coupe était trop pleine ? L'une de ces rencontres inattendues (ou pas) qui restera gravée à jamais dans la mémoire, tellement elle a aidé, parfois sans le savoir ?

 

 

Quelques mises en situation

(de mon cru mais qui doivent exister, au moins chez les Bisounours)

 

* Oui, ton accouchement a été un massacre, dis moi commet tu souffres.

* Bien sûr que c'est dur à accepter de ne plus pouvoir avoir d'enfant, sans te laisser la possibilité de faire tes propres choix !

* Une fausse couche? Et comment le vis-tu?

* Une fille ? Félicitations ! Vous êtes heureux ? (marche aussi avec un garçon bien sûr)

 

 

La parentalité, ça ne te parle toujours pas ? Ok, bouge pas:

(toujours de mon cru mais qui doivent exister, au moins chez les Bisounours)

 

* Ton mec t'a quitté? Et comment tu te sens ? (marche aussi avec ta meuf / ton stagiaire / ton personnel de maison)

* Ta grand-mère est morte ? Vous étiez très proches?

* Au chômage? Qu'elle plaie, je peux faire quelque chose pour t'aider?

* Un cancer ? Waou, sacrée épreuve ! Tu préfères m'en parler ou je t'aide à te changer les idées?

 

 

De mon point de vue, la réponse idéale est celle qui encourage l'autre à raconter, à faire sortir la douleur, le manque, le chagrin, sans jamais le juger. L'idée est de mettre de côté nos préjugés et nos interprétations pour se mettre au service de l'autre. Il ne s'agit pas de pitié, mais plutôt d'accompagnement. S'il/elle pleure? Et bien tant mieux. Je suis convaincue que les pleurs aident à extérioriser, à évacuer. Même si on est pas à l'aise avec quelqu'un qui pleure, la meilleure chose à faire me semble de l'encourager à laisser sortir sa peine. Rien ne me hérisse plus le poil que d'entendre un « Arrête de pleurer », même s'il est dit tout en douceur. Et encore moins quand il est hurlé sur un gosse, cela va de soi. Chialer un bon coup, ça fait un bien fou. Même si ça n'est sexy que dans les films.

 

 

Mais, bien sûr, je ne suis pas spécialiste en la matière. Et peut-être que la meilleure des réponses est l'écoute bienveillante, celle, principalement utilisée par les psys, qui consiste à écouter et acquiescer, en toute empathie ? Je ne sais pas.

 

 

J'ai la chance d'avoir un grand nombre d'oreilles attentives autour de moi. Et en cas de coup de blues, si je ne viens pas m'épancher sur ce blog, j'ai plusieurs alternatives. Selon l'humeur, le sujet, et leur disponibilité respective, je peux écrire, appeler ou voir l'un d'entre-eux. Et je me rends compte que c'est un sacré luxe ! J'espère en faire autant pour eux, que ce qu'ils font pour moi ...

 

 

Ce qui est sûr, c'est que ces phrases toutes faites, qu'on entend partout, peuvent faire beaucoup de dégâts. Alors il faut les ou-bli-er !

 

 

Et toi, quelles sont les phrases qui t'ont fait le plus de bien ou de mal ?

 

 

 

Billet inspiré par celui d' Alamersi : Deux enfants, la norme universelle ?!!


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