Si tu as raté les derniers exploits de mes plus-si-minis, c'est par ici.

 

Une autre raison pour laquelle j'apprécie que mes mini-pouces n'en soient plus, c'est que la communication est quand même plus facile aujourd'hui. Finies les suppositions des premiers mois face aux cris :

Il a peur? Elle a mal? Il a faim? Elle a sommeil? C'est une terreur nocturne? Un début de grippe ? Un besoin de câlins? … Mais qu'est ce qu'il a, bordel ??

Oui, donc, je fais partie de ces mères qui ne savent pas décrypter les pleurs des nourrissons. Même pas honte.

 

Aujourd'hui, mon crédo c'est « Des mots plutôt que des cris, please». Ou sa déclinaison « Des mots plutôt que des cris, bordel ». Oui, donc, je fais aussi partie (à mon très grand regret) des ces personnes qui ne supportent pas physiquement les cris, particulièrement les sur-aigus. Ils me font mal. Vraiment. Même si, de plus en plus, un geste significatif de bouchage d'oreilles associé à une charmante grimace de douleur et une simple évocation de mes oreilles fragiles remplacent la phrase sus-citée.

 

Je disais donc que la communication était plus facile. (Sic). Non mais si, quand même, c'est vrai regarde. Moi j'en suis toujours à ne pas comprendre l'origine de leurs fureurs (je ne comprends déjà pas toujours les miennes, alors tu vois d'où on part !). Mais eux, avec tous leurs neurones flambant neufs, ils devraient pouvoir comprendre. Donc je leur dis ce que je ressens. Et ils comprennent … ce qu'ils veulent. C'est le jeu, ma pauvre Lucette. C'est moi qui lit les bouquins et décode les mots, pas eux.

 

Illustration. Un « Ce soir je suis fatiguée, je n'ai vraiment pas de patience » devrait avoir pour effet immédiat que les enfants filent dans leur chambre pour laisser leur mère préférée au calme. En réalité, ils font semblant de ne pas comprendre et décident de poser tout plein de questions en même temps et de plus en plus fort pour que rien ne nous soit épargné.

Dans ce cas, ne pas hésitez à en remettre une couche avec un « Si vous ne voulez pas voir maman en colère il vaut mieux me laisser un peu tranquille » sur le ton qu'il vous plaira. Apparemment rien n'y fait, les voilà en train de vous sauter littéralement dessus tout en se repoussant mutuellement l'un l'autre pour être le plus près possible de votre oreille (du vécu, tu imagines bien). Apparemment le message ne passe pas. OK.

Passons à l'opération de la dernière chance qui consiste à mettre tout le monde aux abris en filant s'enfermer, seule, dans les toilettes. Ou la salle de bain. Enfin une pièce qui ferme à clé, quoi. Ne pas hésiter à faire preuve de fourberie et de célérité pour éviter de coincer des petits doigts dans la porte. Ah, j'oubliais, attraper au passage la tablette et les écouteurs, bien sûr. Ou mieux, avoir entreposé au préalable un stock de livres et de boules Quinès, succès garanti.

 

Ça c'est de la communication, non ?

 

Bon je sais, ce n'est pas ce qui se fait de mieux, je te l'accorde. Mais quand même, en y réfléchissant, c'est quand même un vrai progrès. Parce que lorsque on y arrive (sic), au moins on peut se féliciter de ne pas avoir hurlé comme une hyène des choses qu'on aurait regretté par la suite. Les enfants n'ont entendu aucun mot désobligeant et aucune critique à leur encontre. Et nous on ne s'est pas privé de leur montrer qu'on à bout. Et pour sûr, au moment où on sortira de la grotte, la pression sera redescendue et on sera à nouveau disponible pour eux. C'est-y pas merveilleux ?

 

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Alors bien sûr, pour que ce soit plus drôle, je leur demande de faire pareil et d'exprimer ce qu'ils ressentent. Parce qu'il m'est beaucoup plus facile d'accueillir un « J'en ai marre, j'arrive pas à remettre les cheveux du playmobile ! » même crié, que ledit playmobile jeté violemment à travers la pièce, rapidement accompagné de ladite tignasse, la famille du playmo et tout la collection de voitures de l'enfant. Non ? Je te mets au défi si tu n'es pas convaincu. Un conseil, écarte-toi du passage si tu ne veux pas finir égratigné.

 

 

 

Bon, pour l'instant les résultats ne sont pas miraculeux. Les jouets volent encore beaucoup à travers la maison et la fameuse maxime « Des mots plutôt que des cris !» revient souvent dans ma bouche, et un peu sur tous les tons. Ou alors, un désinvolte « On dirait que ça ne va pas comme tu veux ? » peut aider le lanceur à passer au mode parlé. Ou pas, ça dépendra de l'état d'esprit dudit lanceur à cet instant-là.

 

 

Du côté de l'aînée, les claquages de portes sont encore d'actualité, mais force est de constater qu'ils sont de moins en moins nombreux et toujours accompagnés de sanglots compréhensibles, du genre  « C'est pas juste, vous vous occupez toujours de mon frère et jamais de moi » en substance. OK, cette fois le message est clair, il devient alors possible d'en discuter sereinement. Enfin en théorie. Parce que moi, il se trouve que ce message-là, j'ai souvent du mal à l'apprécier pour ce qu'il est : la réalité et le ressenti de la miss. Parce que là tout de suite, à l'évocation de cette toute petite phrase, j'ai du mal à ne pas penser à toutes les mille et une petites choses que j'ai fait depuis ce matin spécialement pour elle. (Oui je sais, je ne suis qu'une sale égoïste, je ne pense qu'à moi). Mais quand même, je finis par me souvenir que c'est SA réalité quand même. Même si elle est loin de la mienne. Alors je me mords la joue, la langue et tout ce qu'il faut pour que toutes les phrases assassines qui me passent par la tête ne sortent pas, et je rétorque un « D'accord, je vois ». Et on passe notre chemin, ma bouffée de chaleur et moi, jusqu'à ce qu'on ait quelque chose de plus intelligent et de plus constructif à dire. Bon j'avoue, parfois j'ai du mal à m'écraser, mais rapidement je me rappelle à l'ordre et ferme mon clapet avant d'avoir dit trop de mots blessants.

 

 

Bon je sais, il me reste du chemin pour accueillir correctement les émotions négatives de mes enfants. Ce chapitre me donne du fil à retordre. Mais mine de rien il y a du progrès et c'est à ça que je me raccroche pour positiver et ne pas baisser les bras de nouveau. Et surtout, je suis intimement convaincue que l'acceptation de leurs émotions est à la base d'une relation de confiance sur laquelle ils pourront s'appuyer et s'affirmer.

 

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