Aujourd’hui j’ai joué la BadMother : j’ai boycotté la fête de noël de l’école. Pire, j’ai quasi menti à Miss quand elle m’a demandé pourquoi j’allais rater, pour la première fois en 4 ans, la fameuse Christmas Party. J’ai dit que je devais bosser. C’était en partie vrai, j’avais du boulot à récupérer suite à mon absence de mardi quand Bonhomme avait subitement déclenché une otite et souffrait le martyre. Mais en vrai, j’aurais pu les rejoindre après. J’aurais pu…


Sauf que cette semaine a été particulièrement longue et fatigante, à gérer des plus-si-minis particulièrement pénibles et peu coopératifs. Alors, avant d’affronter un week-end à donner de ma personne, il me fallait une petite pause. Rien que pour moi. Rien qu’un quart d’heure salvateur histoire de reprendre des forces. Tout sauf supporter des cris d’enfants autour d’un buffet de crêpes. Tout sauf discuter distraitement avec d’autres parents d’élèves pendant que Miss me tirerait par la manche pour faire un tour de poney. Tout sauf attendre dans le froid des jongleries enflammées pendant que Bonhomme s’époumonerait à réclamer des bonbons. Il me fallait du CALME.


Alors je suis sortie un peu plus tard du boulot, presqu’heureuse d’en avoir l’excuse. J’ai fait mes petites affaires tranquillou, et une fois bien au chaud dans mon chez moi, SEULE, j’ai pu ouvrir le couvercle en bois du piano et me lâcher. A moi les retrouvailles avec les sonates de Chopin, les morceaux de Yann Tiersen et les passages de Beethoven qui me défoulent. A moi l’ivresse des doigts qui courent sur le clavier. A moi le bonheur de retrouver des gestes, des doigtés, que je croyais perdus. Des mélodies que je pensais oubliées. A moi le lâcher-prise, et tant pis pour les canards. A moi le réconfort de la musique.

 

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C’est dingue comme cet objet m’avait manqué, sans le savoir. Pourtant il est toujours là, planté dans mon salon. Ses touches abîmées, ses cliquetis exaspérants quand on joue, sa justesse éraillée, son tabouret blanc dépareillé. Ils sont là, abandonnés à eux même. Croulant sous les partitions et autres affaires étrangères à la musique. Servant de réceptacle au linge propre ou aux créations enfantines. Support plus qu’instrument. N’est-il pas dommage d’en arriver là ? Pauvre de lui… Pourtant on en a vécu des trucs, lui et moi. Fidèle compagnon de route, auquel on ne pense jamais à dire tout le bien qu’il nous procure.


Très cher instrument, sache que je sais voir autre chose en toi qu’une vulgaire boite de bois. Sache que le plaisir fut partagé, que les émotions restent intactes. J’espère que tu ne m’en voudras pas, mais je rêve quand même de te quitter. Comprends-moi, il en est de plus jeunes, avec de plus beaux coffres, qui sauront réveiller mes ardeurs et ma fougue. Mais rassure-toi, le jour n’est pas encore venu, même si je l’espère proche. Un jour peut-être aurais-je la chance de voir apparaitre à ta place un étalon blanc, tel que je l’ai toujours rêvé. D’ailleurs le tabouret n’attend que ça, d’être assorti à son mastro…

 

Voilà ce que ça donne de s’octroyer quelques minutes en solitaire. On en vient à faire des déclarations malheureuses… Il faudrait que je fasse ça plus souvent, non ? D’autant plus que la BadMother que j’ai été ce soir ne peut que remercier ses marmots de ne pas lui en avoir voulu. Et surtout de l’avoir laissé croire qu’elle était encore seule, même après leur retour, quand ils se sont trouvé des occupations silencieuse et respectueuse de sa musique.

 

C’était ma première participation aux BadMothers chez Petit Diable et Foxymaman. Et n’hésiter pas à aller lire les autres contributions sur leurs blogs, ça déculpabilise un max !

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