Premier jour des vacances. Oui je sais, en vrai elles ont démarré depuis vendredi soir. Mais le week-end, aussi long soit-il, reste un week-end.

 

 

 

Près de moi, Choupette regarde La-Haut. Elle se blottie régulièrement contre moi parce que la meute de chiens lui fait peur. Mais cette fois-ci elle veut le voir jusqu'au bout. Plus forte que la peur. Elle a les yeux légèrement gonflés de larmes, inquiète de voir l'oiseau ou le papy tirer leur révérence. J'ai remarqué depuis quelques temps cette sensibilité qui s'installait. Même lorsqu'elle connaît l'histoire par cœur, genre Raiponce pour ne pas la citer, au moment crucial qui promet une mort terrible au héros (quels bourreaux sommes-nous pour montrer ça à nos enfants?), Choupette pose une question anodine, la voix pleine de sanglots. Elle fait en sorte de le cacher du mieux qu'elle peut, mais ses yeux aussi la trahissent. Et moi je m'émerveille de la voir aussi sensible. Non que mon bonheur passe par la tristesse de mes enfants. Lacunaire oui, mais pas monstrueuse. Ce qui me plaît c'est qu'elle se laisse transporter par une histoire, des émotions. Elle qui, depuis toute petite, a pour habitude de ne rien laisser filtrer. De retenir ses larmes, de les transformer en colère. Par notre faute, nous parents. Qui lui avons montré le mauvais exemple. Qui l'avons réprimandé pour ses larmes. Avant de comprendre que ce n'était pas la solution. Depuis quelques temps, j'aperçois la tendresse et la sensibilité de cette petite fille. Et ça fait du bien. Ça rassure aussi. D'autant plus que chialer devant un écran, ça me connaît aussi. Encore un point commun, bichette.


Derrière nous, Bonhomme s'est construit une "montagne". A base de chaises alignées, surmontées d'une couverture. Il gravit sa montagne plate, non sans peine. Se  coince un pied ici, appelle au secours un peu plus "haut". Une fois arrivé au sommet, sain et sauf, je lui suggère d'inviter ses copains (doudous et playmobiles) dans sa nouvelle aire de jeu. Et c'est reparti pour un tour.


P1010949Là-haut, sur la montagne

 

Après ça, il s'évertue à vider son placard pour se faire un grotte. S'y cacher, et fermer la porte coulissante un peu trop fort. Inventer des histoires, ça le connaît. J'aime son côté aventurier mais pas téméraire. Tout comme son côté social mais timide. Bagarreur mais câlin.

En à peine une matinée, sa chambre, rangée soigneusement hier par sa grande sœur, à notre insu, la fourbe, est déjà en chantier. La tornade a encore frappée. Et cette fois-ci je doute que Choupette nous rejoue la même partie. Au passage, tu en connais beaucoup, toi, des enfants qui rangent en catimini, pour le simple plaisir de lire la surprise et la joie sur le visage de leurs parents ? Je te rassure, même si ce n'est pas la première fois – enfin pour la chambre de son frère si – et je l'espère pas la dernière, quand on lui demande expressément de ranger, on dirait qu'on lui demande de se séparer de sa robe préférée. Tu imagines le drame.

 

Et oui, notre Miss est toujours aussi passionnée par le rose, les princesses, les bijoux et autres détails féminins. Si elle ne pouvait porter que des robes, roses de préférence, si tu suis bien, elle nagerait en plein bonheur. Pendant une période, elle refusait de s'habiller autrement qu'en monochrome. C'était sa tendance mode du moment. Même les sous-vêtements devaient être assortis. Et le must actuel c'est de remonter ses chaussettes au dessus du legging, accessoire indispensable de la parfaite mini-jet-setteuse. Plus la chaussette est visible, mieux c'est. Tant que ses goûts restent raisonnables, j'entends pas là ne la font pas passer pour 10 ans de plus, j'avoue que je ferme les yeux. Mais je pâlis d'angoisse en imaginant le scénario dans 10 ans justement. Interdire le maquillage, les mini-jupes et talons- hauts, le string qui dépasse du jean … Bon, j'ai 10 ans pour me préparer. Finalement l'histoire des chaussettes, ça reste léger, non ?

 

Notre Bonhomme ne connaît pas (encore?) ce genre de revendication. Quoi que le pyjama SpiderMan dont il a hérité d'un de ses cousins, reste son préféré. Une fois enfilé, il devient le Maître du Monde et pousse des cris surprenant. Pourtant il ne connaît pas personnellement l'homme-araignée. Aucune BD ni aucun dessin animé sur le sujet ne lui sont passés sous les yeux. Alors pourquoi cette fascination ? La même d'ailleurs que pour une certaine voiture de course rouge, qu'il porte fièrement sur ses chaussures. D'accord il a vu Cars. Mais jamais en entier, pas absorbé du tout par l'histoire. C'est marrant ces passions qu'ont nos tous petits.

Bonhomme est aussi un grand chanteur. Je suis admirative quand il me chante, sans fausse note et à peine quelques transformations dans les paroles, des chansons que sa sœur a bien du mal à retenir. Le rituel du soir comprend bien-sûr des chansons. Si on en fredonne une nouvelle, il est tout attentif et en redemande. D'autres fois il veut faire son propre solo. Après un trajet en voiture, où la musique est très souvent allumée, il n'est pas rare de l'entendre chantonner en tentant d'articuler des mots bien compliqués pour sa petite bouche. On devine alors qu'il reprend « Quasimodo ou Casanova ». Pas surprenant qu'il nous réclame « Les râteaux » à peine installé dans la voiture de maman, ou « Aïe aïe aïe » dans celle de papa. Oui, nos goûts musicaux sont complémentaires semble-t-il. Mais Bonhomme est toujours bon public.


Les enfants sont formidables, n'est-il pas ? Pour compléter le tableau je te proposerai prochainement un billet un peu moins sucré sur le thème Formidables, mais pas que ...


Et toi, elles s'annonce bien ta semaine, avec ou sans enfants, avec ou sans vacances ?

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