famille

 

Dans la famille Prototype je demande la mère Deuse. Outre le fait qu’elle soit lacunaire et qu’elle s’en gargarise (à moins qu’elle essaye de se persuader du contraire, va savoir), elle est aux antipodes de la mère poule. Il semblerait d’ailleurs que cette femme ait hérité de quelques tendances masculines notoires et même si elle assume son rôle de mère et adore ses enfants, elle n’en n’est pas moins une femme indépendante qui ne peut se passer de ses activités dites de nullipare.  Vous la trouverez donc à l’occasion en train de bloguer, bouquiner, regarder un bon film, et il sera difficile de l’en déloger sans subir son courroux. Pour autant elle passera volontiers quelques heures en cuisine pour le seul plaisir d’affoler des papilles gustatives en ébullition, et trouvera rapidement une sortie dominicale familiale si le temps et l’humeur s’y prêtent.

 

 

Dans la famille Prototype, je demande le père Tinent. Outre le fait qu’il sache instinctivement toujours quoi faire de (et avec) ses enfants, il assure également sans sourciller les tâches les plus ingrates en alternance avec sa moitié. Il semblerait pourtant qu’il n’était pas pré-défini pour cela, à en juger par la répartition des rôles chez ses propres parents. Même s’il semble de bonne composition, cet homme sait prendre au dépourvu en montant dans les tours lorsqu’on s’y attend le moins. Vous le trouverez à l’occasion en train de bricoler un truc ou deux dans la maison ou le jardin, commençant les grands travaux de préférence juste avant de passer à table. Pour autant il présente des réticences avec toute forme de protection, mêmes lorsqu’il s’agit de sa propre sécurité. A sa décharge, les points de suture ne sont finalement pas si nombreux, aucun œil n’a encore été crevé et aucune tache de sang n’est à déplorer sur les meubles et les murs de la maison familiale.


 

Dans la famille Prototype, je demande la fille Ette. Outre le fait qu’elle adule les princesses et autres personnages hauts en couleurs (rose ou violet de préférence), elle sait se faire entendre au risque de se répéter jusqu’à ce que mort (de l’oreille du parent apostrophé) s’en suive. Il semblerait que cette Choupette soit d’une grande sensibilité même s’il faut parfois la chercher sous une bonne dose de râles et de mauvaise foi.  Vous la trouverez souvent en train de préparer mille et une surprises pour ses proches, prenant plaisir à mélanger les matières et les couleurs, offrant un résultat des plus artistiques. Pour autant elle sera toujours franche et directe, n’hésitant pas à dénigrer un plat préparé spécialement pour elle ou une robe choisie avec attention.

 

 

Dans la famille Prototype, je demande le fils Ton. Outre le fait que du haut de ses troizans il refuse déjà les conventions en chérissant davantage son père que sa mère, il s’avère fortiche en imitation du chat Potté lorsqu’il s’agit de se faire pardonner une bêtise. Il semblerait que son goût immodéré pour les tracteurs et autres camions de pompiers fasse de lui un mauvais parti pour les féministes en herbe, mais ce serait sans compter sur son attirance par les accessoires roses en tous genres et les chaussures maternelles. Vous le trouverez concentré sur un puzzle conçu pour les 5 ans et plus ou préparant une belle tambouille dans sa maisonnette de campagne. Pour autant ce Bonhomme aura besoin de sa dose de câlins, de chansons et d’histoires, le tout avec l’index et le majeur dans la bouche, pour recharger ses batteries avant de retourner déjouer monstres et facéties.

 

 

 

 

Cette charmante petite famille pourrait, sans le savoir, devenir l’emblème du féminisme, s’il en est. En effet, point de soirée bière/ foot/ pizza pour monsieur, point de repassage/ aspirage/ astiquage  pour madame. Le cliché s’en trouve même inversé, puisqu’il n’est pas rare de voir la belle s’évanouir dans la nature pour une soirée ou un week-end, laissant le mâle nul dépourvu quand l’heure du bain fut venue. Est-ce que ce bouleversement des rôles sied aux  protagonistes ? Force est de constater que Monsieur s’accommode parfaitement de la situation, tandis que Madame trouve toujours une raison pour s’auto-flageller de ne pas être à la hauteur de son statut de daronne. Ette et Ton quant à eux, bien qu'ils n'aient aucun étalon de référence, manifestent autant de joies et de peines que leurs compatriotes.

 


La morale de l’histoire ne dit pas si c’est la société qui véhicule de telles idées dans l’esprit de cette mère (et tant d'autres), ou si comme son nom l’indique, il est dans le caractère de la mère Deuz de chercher midi à quatorze heures. 

 


 

 

Toute ressemblance avec des personnages connus serait absolument non fortuite, même si la  vérité n’est pas toujours exactement ce qu’elle semble être.


Ce billet s’inspire librement de deux idées abordées chez Mowgouaille (le  féminisme et la  culpabilité des mères indignes) et fait un clin d’œil à A La Mere Si pour les pseudos en jeux de mots qu'elle affectionne.

 

 

Retour à l'accueil