C'est en lisant les blogs des copines que je me rends compte que mes bébés n'en sont plus. Il faut se rendre à l'évidence, la petite enfance est ter-mi-née. Exit les plans à langer et autres baignoires sur pieds. Même les biberons ont quitté le foyer. Le centimètre n'est définitivement plus l'unité de mesure adéquate, et à moins d'être adepte du calcul mental (ce que je ne suis pas), donner leur âge en nombre de mois est parfaitement désuet. Même chez le pédiatre, c'est désormais vers la haute table d'auscultation et sous la grande toise qu'il faut se diriger.

 

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Tu te dis sans doute que les mots qui vont suivre vont nous emporter dans le mélo-nostalgico-mélancolique, et ben tu as tort ! Parce que je suis toute aussi admirative des progrès d'aujourd'hui que de leurs premiers mots, premiers pas, premiers gribouillages.

 

 

Bonhomme, par exemple, sait désormais faire du vélo. Sans roulette. Et avec pédales. Oui parce que, à la base, moi je voulais une draisienne, mais GrandHomme n'était pas convaincu et trouvait la dépense inutile. Du coup, il a récupéré un vieux vélo dont il a retiré les pédales. Et nous fûmes tous deux enchantés. Enfin tous trois. Bonhomme a rapidement pu montrer toute son agilité sur son vélo sans pédale, tout en s'essayant aussi sur l'autre, l'officiel, à roulettes. Du coup, le jour où il a demandé à retirer ces dernières (les roulettes donc, tu suis ou bien ?), quelques allers-retours sur le chemin ont suffi pour qu'il soit parfaitement à l'aise avec ou sans roulettes et/ou pédales.

 

Pendant ce temps, c'est avec tout autant d'enthousiasme que Miss s'est essayée aux rollers, et qu'elle s'est prise de passion pour ce nouveau moyen de locomotion. Aucune méchante chute n'est venue entamer son bonheur, et c'est armée de toutes les protections qu'elle dévale la moindre pente ou grimpe chaque ascension. Il ne se passe pas une journée où la pluie nous fait grâce d'un peu de répit (no comment) sans que la demoiselle quémande une sortie en petites roulettes.

 

A nous donc les balades à quatre sur les pistes cyclables du coin, les trajets en vélo pour aller chercher le pain. A bicycle-tte. (Ou en rollers, chacun son style).

 

 

L'école aussi nous rapporte son lot de nouveautés. Bonhomme m'a bien eu l'autre jour. Il me demandait d'écrire « cheval » sur une feuille pour qu'il écrive son nom dessous. Mon fils aurait-il décidé de me prendre pour son ghost-writer ? Ni dupe, ni soumise, je répondais quand même à sa requête. Mais je fus bien vite reprise par mon maître, il ne s'agissait pas d'écrire mais bien de dessiner ! Sauf que moi, le dessin, c'est pas vraiment mon dada. Bon, il a quand même décidé de signer mon œuvre. Et occupée à autre chose, je ne m'aperçus qu'après coup qu'il nous avait bien caché son jeu, le coquin. Car ce n'est pas un gribouilli qu'il apposa, mais bel et bien son prénom, écrit en toutes lettres et sans modèle. Lui qui ne nous avait jamais laissé entendre - ni voir - qu'il savait écrire le moindre caractère. Grandhomme a même eu du mal à croire qu'il s'agissait bien d'un original et non d'une copie.

 

Miss aussi nous a épaté lorsqu'elle a dessiné la « Taire » en orbite autour du Soleil, ainsi que la Lune en orbite autour de la « Taire ». Ou quand elle nous a expliqué (ainsi qu'à son frère, pour qu'il la mette en sourdine) que dans l'oreille, on a des cils, et que le bruit peut les abîmer et c'est comme ça qu'on devient sourd. Voilà ce que c'est que de l'envoyer en vacances chez sa cousine. Elle en revient plus savante et nous pousse à trouver des wiki adaptés à son âge pour vérifier que le soleil n'est pas seulement une boule de feu. Quand elle ne décide pas de lire toute seule son histoire du soir, de se lever toute seule avec son propre réveil, d'avoir l'idée toute seule de s'habiller avant de venir petit-déjeuner. Bénie soit cette petite prise d'autonomie dont elle est si fière !

 

 

Mes bébés n'en sont donc plus, et ce n'est pas un mal. A chaque seconde ils nous échappent davantage, et c'est un joli spectacle. Ils avancent à leur rythme, franchissent des étapes. Nous les accompagnons du mieux possible, essayant de lâcher leur main au moment propice. Une ligne de vie à laquelle ils peuvent se raccrocher en cas de chute, mais qu'on essaye de rendre discrète pour les laisser choisir leur propre voie.

 

 

Bientôt je reviendrai te causer d'une autre raison pour laquelle je suis contente de ne plus avoir à faire à des mini-pouces. Justement, il s'agira de causeries, et ça devrait te faire rire. (Ou pas.)


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