Tu crois qu'ils diront quoi tes nains quand ils seront grands, si t'es toujours derrière ton écran à parler d'eux ? Moi je m'interroge. Parce que, soyons réalistes, si on écrit sur la Toile, on ne le fait pas pour eux. On le fait plutôt à cause d'eux. Et on les en remercie. Mais feront-ils de même quand ils seront en âge de nous lire ?

Je prends mon cas personnel. Oui, car Mère Lacunaire aime parler d'elle. Ou plutôt elle préfère éviter de faire des généralités. Chacun son point de vue, que diable. Donc revenons à mes croûtons.

Si j'écris sur mes enfants, c'est d'abord pour faire sortir le trop-plein et les non-dits. Pour vider un peu la coupe avant qu'elle ne déborde. En ce sens, je leur rends service à mes bambins. Ben c'est vrai quoi, qu'est ce qui est le mieux pour eux ? Une maman toute speed et aigrie, sur leur dos à la moindre occasion ? Ou une maman détendue du slip qui voit dans chaque altercation une mine d'or pour écrire un billet ? Tu vois, on est d'accord. Ils devraient vénérer mon blog.

Mais ce qui est bon pour le présent, l'est-il pour l'avenir ? Je veux dire, imagine-toi à 15 ou 17 ans, en train de découvrir que ta mère étale ta petite vie personnelle sur la toile. Et que tout y passe. Depuis tes colères à l'âge de 3 ans, jusqu'au premier amour qui t'a fait tant pleurer à 9 ans, en passant par la soit-disant crise d'adolescente et ton bulletin scolaire . Mais de quel droit cette mère raconte mes états-d'âmes au monde entier ? Sans pudeur ni retenue. Ah, elle porte bien son pseudo, Mère Lacunaire !

 

En même temps je me dis qu'en écrivant sur eux, je laisse une trace. Des mots pour entériner leurs maux. Et les miens aussi d'ailleurs. Des phrases pour qu'ils puissent se faire une idée pas complètement déformée, même si subjective, de leur enfance passée et en partie oubliée. Des paragraphes pour leur laisser une part de moi qui me met aussi à nu sur ces pages. Des billets qui traduisent nos coups de cœurs, nos coups de calgon. Notre petite vie familiale, aussi insignifiante et passionnante qu'elle soit.


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Tu n'as jamais rêvé d'être une petite souris qui voyage dans le temps pour voir comment était ta mère quand elle était jeune ? Pour savoir si ta vision d'elle était cohérente avec sa véritable personnalité de jeune maman ? Je me dis que ce blog leur permettra peut-être de faire ce voyage dans le passé. Si l'envie leur en prend. Parce que je n'y parle pas que d'eux, et beaucoup de moi. La mère, la femme, l'amante. La personne quoi. Et du point de vue d'un enfant, c'est surtout la mère qu'on voit.

 

La deuxième raison pour laquelle j'écris, c'est qu'en devenant maman, l'emploi du temps est beaucoup moins souple. Exit les sorties shopping, ciné ou les papotages inopinés entre copines. Même les conversations avec sa propre moitié deviennent compliquées à caser, c'est dire. Sauf qu'en tant que femme, parler, converser, discuter, papoter, ragoter, c'est vital, non ? Bien sûr qu'on cause à nos chérubins. Mais on ne peut pas leur raconter le dernier potin mondain et encore moins leur demander leur avis sur la façon d'obtenir une augmentation à super boss. Alors on s'exprime différemment. A l'écrit, et en s'adressant au monde francophone dans son intégralité. Comme ça, pas besoin de répéter, tout le monde est au courant en même temps. Pratique, non ? En plus y a même des  bavardages de nanas  qui s'organisent sur le Net. Sans parler de l’entraide et du soutien qu'on s'apporte mutuellement. Elle est pas belle, la vie de blogueuse ?

 

La troisième raison de ma présence sur la blogosphère, c'est qu'en devenant maman, je suis de fait devenue experte en tout ce qui touche, de près ou de loin, le monde de l'enfance. Je n'ai pas choisi de faire un blog de conseils parce que tu sais bien, je ne m'appelle pas Lacunaire pour rien. Mais ça ne m'empêche pas d'avoir un avis sur tout, et de te faire partager mes déboires et mes questionnements. Le tout, sans saouler mes collègues nullipares. Et comme ça tu te sens moins seule, j'suis sûre. Allez, avoue, toi aussi t'as raté la palme de Wonder Mum de l'année, non ? Et y a pas de honte, ça nous rappelle qu'on est juste humaines. Pas des super héroïnes.


La dernière, but not least, raison de prendre le clavier, c'est que j'aime écrire. Jouer avec les mots, trouver des synonymes, des sonorités. C'est jouissif de voir les phrases se mettre en place toutes seules sur la page blanche, les tournures s'imposer d'elles-mêmes. C'est étonnant de prendre le temps de laisser son esprit vagabonder et de se faire surprendre par les idées qui jaillissent, là où on ne les attendait pas. Comme quoi de ne parler que couches et layettes pendant quelques mois n'encrasse pas trop le système. Rien de mieux qu'un peu de gymnastique intellectuelle pour se sentir bien vivante !



Et toi, qu'est ce qui te pousse à écrire ?


Macaron Rédactrice SBG

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