Chez nous, comme dans de nombreuses familles, le moment du coucher peut être à la fois magique et terrible. Il y a le rituel, et le reste. Le prévu et l'imprévu. Les câlins et les crises.

 

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La fin du brossage des dents annonce le début des festivités et la couleur, selon que les loupiots y ont mis de la bonne volonté, ou pas.

 

Dans la chambre de l’aînée, on s'installe sur le lit, non sans écraser les multiples peluches qui encadrent l'oreiller et ont chacune une place bien précise. Lapinette ou Valentine t'encombrent le dos ? Débrouille-toi mais pas question de les déplacer d'un pouce, sans déclencher la troisième guerre mondiale. Miss choisit une histoire de princesse, Lulu Vroumette, un Mr / Mme, un numéro des Petites Princesses ou un documentaire sur les dinosaures pris à la bibliothèque. Comme tu vois, c'est varié. Les livres de première lecture, avec nettement moins d'images, font aussi leur apparition, signe que notre Choupette est en passe de devenir fillette. La lecture est souvent interrompue par des questions ayant, ou non, un rapport avec l'histoire. Mais même si elle n'écoute que d'une oreille, pas question de bâcler ou de sauter des pages sans se faire choper. Une fois le marque-page calé par la demoiselle, on éteint la petite lampe verte de chevet et on s'allonge, l'une contre l'autre, pour un moment câlin. Mais attention, pas n'importe comment. Pas question que mon nez froid effleure la joue de la belle, ou qu'une de mes mèches de cheveux vienne la chatouiller. C'est qu'elle est précieuse, la princesse. On en profite pour échanger quelques mots, un dernier bisou et je quitte la chambre. Immanquablement, la porte à peine fermée, la coquine réclamera un verre d'eau, un câlin paternel ou une réponse fort appropriée à la situation (Maman, il est où mon sac de piscine?). En général, dans la demi-heure suivante, un passage aux toilettes s'imposera, avec un détour par le salon pour d'ultimes bisous. A moins que l'envie pressante ne se manifeste que vers 23h ou minuit, auquel cas une assistance parentale sera requise. En effet, la douce rêveuse ne s'éveillant pas complètement, il faudra l'aider à se lever, la conduire vers les toilettes alors qu'elle se dirige dans la mauvaise direction, lui tendre du papier et la reconduire jusque dans son lit avant qu'elle n'aille se coucher dans la baignoire. C'est un moment hilarant qui mériterait bien de sortir la caméra pour lui montrer son côté somnambule au petit matin.

 

 

De l'autre côté de la cloison, la chambre du second. Lui aussi a droit à son moment privilégié. Souvent avec son pôpa, même s'il n'a plus l'exclusivité ces derniers temps. Bien calés sur son canapé, ici aussi pas question de s'installer n'importe comment. Il veut être sur les genoux du lecteur, et ça ne se discute pas. Une histoire, une deuxième, une troisième. Les pages sont plus épaisses, les textes plus courts. Mais l'attention est entière. Si on s'arrête au milieu d'une phrase, Bonhomme la terminera immanquablement. Même si le livre n'a été emprunté que deux jours auparavant à la bibliothèque. Il faut ensuite insister pour passer à la phase suivante qui se déroule dans son lit, une fois la couche de nuit en place. Enfiler la turbulette est toujours une bonne occasion pour rire et jouer, même s'il faut hausser le ton et jouer des coudes pour arriver à nos fins. Un passage éclair et turbulent dans la chambre d'à côté, davantage pour gagner du temps que pour les prétendus bisous à distribuer. Puis extinction des feux, et c'est déjà le moment des chansons. Le petit démon les adore, impose ses titres préférés, nous accompagne de sa petite voix particulièrement juste, ou nous fait taire quand il n'est pas satisfait. Et en redemande dès qu'il voit qu'on fait mine de s'éclipser. Oui, même dans le noir. Il doit tenir du félin pour sentir le moindre de nos mouvements. Quelques baisers, ses petits bras autour de notre cou, qui refusent de se décrocher. Tout en bougeant dans tous les sens, initiant une roulade ou deux. L'exercice est plus éprouvant que chez la voisine. D'autant que plusieurs allers/retours dans la chambre seront nécessaires pour obtenir l'ambiance idéale pour trouver le sommeil. Sans compter que les appels de l'un font râler l'autre, et vis versa.

 

Le tout prend entre 15 et 30 minutes, parfois plus avec les rappels. Oui, dans les grands soirs, le concert s'éternise quelque peu et les parents ont tendance à s'échauffer. Mais ensuite on est tranquille jusqu'au matin.

 

 

Bien sûr, on ne s'étonnera pas qu'avec leurs grands-parents qui les gardent quelques jours, ils s'endorment à peine la porte fermée, alors même que le rituel n'est pas fait dans son intégralité. De toutes façons ils sont toujours angéliques, chez les autres, c'est bien connu. Ce qui, même si ça énerve un peu, nous arrange quand même bien. Forcément, nos petits sont mieux accueillis que s'ils se montraient démoniaque dès la première minute...

 

 

 

Et toi, à partir de quelle heure tu peux reprendre une activité normale ?


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