Avant j'étais plutôt de nature insouciante. Ça c'était avant.

 

 

Alors non, je n'ai pas changé de marque de lunettes. Je suis seulement devenue mère.



D'ailleurs déjà à peine la graine plantée, j'ai senti que les choses avaient changé. Je faisais des rêves étranges, flippants, et tellement réalistes que je m'éveillais en sueur au beau milieu de la nuit. Il paraît que c'est un fait coutumier chez les femmes enceintes. Une histoire d'hormones, sûrement, ou alors le subconscient qui tente de te prévenir que rien ne sera plus comme avant, le salaud.

 

Durant ma première grossesse, entre autres mille et une nuits agitées, j'ai rêvé que j'accouchais. Un grand classique tu me diras. Sauf que le fruit de cette naissance était une petite fille, genre quatre ou cinq ans, toute habillée, qui parlait et jouait à la poupée. Zarbi, non ?

 


Durant ma seconde grossesse, je me souviens d'un cauchemar traumatisant. On se baladait en famille, en montagne, et le chemin était en bordure d'une falaise. On marchait sur des graviers et d'un coup ma fille a dérapé, glissé, et est tombée dans le vide sans qu'on ne puisse rien faire… Je crois m'être jetée à mon tour, enfin je sais plus trop bien. Ce qui est sûr c'est que les émotions étaient réelles. A mon réveil je suis allée vérifier, toute tremblante, qu'elle dormait paisiblement. Mais cette vision d'horreur ne m'a pas quitté pendant plusieurs jours.

 

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Aujourd'hui encore, même si ce n'est pas en rêve, il m'arrive d'avoir des pensées atroces qui me traversent l'esprit. Pas plus tard qu'hier, en voiture, au moment où je franchi un passage à niveau, les signaux sonore et lumineux se déclenchent pour annoncer le passage d'un train. J'étais déjà sur les rails donc je finis de traverser, bien avant que les barrières ne se referment. Mais mon petit cerveau se met en route.


Et si jamais, pour une raison ou une autre, je me retrouvais coincée entre les barrières ? Ben j'aurais qu'à sortir de la voiture fissa. Après tout ça ne prendrait que quelques secondes. Sauf que là je suis seule, mais s'il y avait les enfants, il faudrait d'abord les détacher, et là ça demanderait peut-être trop de temps...


Voilà comment en quelques secondes, l'image insupportable d'un train lancé à vive allure, arrivant sur mes enfants piégés dans la voiture s'est installée devant mes yeux. Et comment j'ai perdu l'esprit en songeant à ce que je deviendrais si je perdais mes enfants, et qui plus est, si j'étais responsable de leur mort...

 

 

Et pourtant, je ne suis pas du genre à toujours imaginer le pire ou à m'inquiéter à la moindre occasion. Je suis même de nature optimiste. Mais parfois, sans prévenir, sans aucune raison, ce genre d'images s'impose. Et tant que je n'ai pas embrassé mes enfants et mon mari et ainsi vérifié qu'ils étaient en parfaite santé, une inquiétude sourde m'habite. Comme si ces pensées pouvaient être prémonitoires d'un quelconque événement.


Au delà du mauvais quart d'heure que je vis, durant lequel un diablotin (mon imagination) et un angelot (ma conscience) s'affrontent, ce genre de divagations a au moins le mérite de me rappeler à quel point j'ai de la chance d'avoir une famille en pleine santé et des enfants insouciants. Histoire de prendre du recul sur mes soucis insignifiants, et de profiter de l'instant présent.



Et toi, des peurs et des inquiétudes à partager, fondées ou pas ?




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