Juste avant que Miss ne fasse son entrée en CP, je répétais à qui voulait bien l’entendre que les devoirs allaient être un calvaire. Ou l’art d’anticiper négativement les évènements, s’en faire une montagne, et du coup, tout faire pour que ça se produise. Mais ça, je ne le savais pas encore à l’époque. Bref.

 

Les premières semaines, ces instants tant redoutés se sont finalement déroulés dans le calme et même dans la joie. Miss était fière d’avoir des devoirs, et tout lui paraissait facile et rapide. Nous y passions un petit quart d’heure, et hop, on passait à autre chose. Finger in the nose.

 

Puis, petit à petit, la liste des choses à faire le soir s’est un peu allongée. Il y a avait la dictée à apprendre, les mots puis phrases à lire. Rien de bien terrible pour Miss qui trouvait l’école trop géniale. Mais quand même, le retour incessant des devoirs quatre fois par semaine a fait qu’à un moment, elle a commencé à rechigner à la tache. Nous y voilà donc. Ce qui l’aida sans doute, c’est que les lundis et jeudis, c’était son papa qui l’aidait, tandis que les mercredis et samedis, c’était bibi. Du coup ça mettait un peu de diversité dans une routine par forcément très drôle. Et les rares fois où ça se passait mal avec l’un, la fois suivante elle se rattrapait avec l’autre. Chacun ayant sa propre façon de lui faire réciter, sa propre exigence de résultat aussi.

 

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Cette année, en CE1, force est de constater que les devoir sont plus nombreux. Se sont ajoutés les leçons à réviser, les listes de mots à savoir écrire pour la fameuse dictée de fin de semaine, les poésies rallongées, les additions à mémoriser. Sans compter la lecture. Bien sûr, pour la plupart des choses il s’agit de révisions et tous ces éléments ne sont pas systématiquement demandés. Mais les quelques minutes de devoirs se sont transformés en bon quart d’heure, voire demi-heure. Et donc, forcément, il est plus difficile de motiver Miss à quitter ses jeux pour se plonger dans ses révisions.


Pourtant, j’ai rapidement trouvé une façon de faire qui me/nous rend la tache plus agréable. Au départ, c’était davantage pour me facilité la vie. Mais j’ai vite compris que c’était une vraie solution pour rendre ce moment plus tranquille et surtout plus efficace.


La clé pour moi est de ne pas lui mettre la pression : elle se la met suffisamment toute seule.

Ainsi, pour la plupart des choses, elle se corrige toute seule :Je lui dicte les listes de mots ou les additions, elles écrit ses réponses, et ensuite je lui donne son cahier pour qu’elle trouve et corrige ses fautes. C’est d’ailleurs elle qui veut absolument compter le nombre d’erreurs, moi je lui dis systématiquement que ça m’est égal, que le tout c’est qu’elle essaye de ne pas refaire les mêmes erreurs en mémorisant bien là où elle se trompe.

Pour les poésies, à force de les faire réciter, je finis par les savoir aussi par cœur et du coup ça devient un jeu de voir qui de nous deux saura la réciter entièrement. Sans surprise, c’est elle qui y arrive le mieux, et sans triche de ma part.

Pour les leçons, je vérifie surtout qu’elle les a bien compris. Je lui pose des questions auxquelles elle répond avec ses propres mots, je ne lui demande pas de connaitre par cœur la phrase encadrée.

Un autre détail important, c’est de trouver le bon moment pour s’atteler aux devoirs. J’ai vite compris que, pour les jours sans école (ceux où je l'aide, si tu as bien suivi), la fin d’après-midi n’était pas propice au calme. Et qu’il vaut mieux avoir du temps devant soi, pas la peine de se rajouter de la tension en regardant sa montre toutes les deux minutes. Chez nous, le moment idéal c’est le moment de la sieste de Bonhomme. Miss décide de son horaire à l’avance (au plus tard avant le goûter), comme ça elle ne sourcille pas le moment est venu. Et bien souvent, nous faisons une autre activité ensemble, avant ou après, histoire de ne pas cantonner nos tête-à-tête à cela. Et je dois dire que ça nous réussi bien ! On passe des moments détendus, parfois dans le rire, et il n’est pas rare que Miss souhaite revoir sa poésie ou continuer à lire son livre au-delà de ce qui est demandé.

 

Donc faire ses devoirs sans se prendre la tête, c’est possible ! Et là, je prends sur moi pour ne pas dire : « On verra bien ce qu’il en sera quand Bonhomme aura aussi ses propres devoirs. » Mince, j’avais dit que je ne le dirais pas. Raté. Je reste une incorrigible anticipatrice !

 


C'était mon être mère pour Babidji.


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