En ce moment à la maison, on peut dire que ça déménage. La neige a fondu, la pleine lune ne l’est plus, mais personne n’a du en informer les plus-si-minis. Pour preuve les râles, chouineries, colères et disputes qui ne semblent pas vouloir s’adoucir. Ainsi s’alternent des instants de tension générale dans laquelle les cris –enfantins et parentaux- fusent, et des moments de câlins et explications pour tenter d’apaiser les cœurs meurtris.

 

Donc oui, il m’arrive encore de brailler (chasser le naturel… tu connais la chanson). Mais quand même, ce n’est plus tout à fait pareil :


Je ne suis plus inexorablement sur la défensive, prête à sortir les crocs au moindre accroc dans mes projets. Seulement quand le bouchon est poussé au-delà de mes limites.

Je ne suis plus systématiquement en train de faire des trucs super importants qui ne supportent pas d’être interrompus sous peine de me voir changer en monstre hurleur. Seulement quand je voudrais finir au plus vite un truc urgentissime et ultra chiant.

Je ne suis plus cette personne incapable de comprendre instantanément les émotions de ses enfants car elle ne sait pas empêcher la Bête de gronder. Seulement quand on devrait être partis depuis longtemps et que les plus-si-minis s’empêchent mutuellement de grimper dans la voiture.

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Je suis devenue cette mère plus apaisée, capable de douceur et de patience le plus souvent. Je reconnais volontiers quand je déborde et je m’excuse après avoir dépassé les bornes. Surtout quand l’accusé n’y est en fait pour rien. Et je ne culpabilise plus pour mes cris qui sont bien plus rares  et souvent justifiés (la goutte d’eau, tout ça…).

Je suis devenue plus attentionnée, capable de tout laisser tomber pour faire un puzzle avec Bonhomme ou un bricolage avec Miss, en y prenant un plaisir certain. Même que nous partageons de bons moments de rigolade aussi.

Je suis devenue plus à leur écoute, sans faux semblant. Je cherche vraiment à les comprendre, eux et leurs émotions, afin de les en libérer quand c’est possible. D’autant plus que ça m’aide parfois à comprendre pourquoi ils sont sur les nerfs en permanence. Et qui dit comprendre, dit aussi accepter et accompagner.

Je suis devenue détendue du mercredi, capable d’apprécier ces moments-là plutôt que de les redouter. Je ne suis pas naïve au point d’imaginer des journées parfaites, mais je les prends comme elles viennent, sans appréhension. Et ça aide vraiment à mieux vivre les instants pénibles qui jalonnent ce jour du mineur.

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Mon regard sur moi a changé. J’ai cessé de m’auto-flageller, de me voir comme une mère défaillante. Je suis devenue une autre, tout en restant la même. Je me suis rendue service en m’appliquant d’abord à moi ce que je souhaite pour mes enfants : un peu de bienveillance.

 

Non, je ne suis pas devenue une maman idéale, ce n’est pas mon objectif. Je suis seulement plus proche de la mère que je souhaitais être, tout en restant vraie. Et rien que ça, même s’il reste du chemin à parcourir, c’est un bel exploit.

 

C'était mon être mère pour Babidji.

 

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