Voilà un an que j’ai sauté le pas. Le grand plongeon dans l’inconnu. Non, je ne fais pas de sport extrême comme Cranemou. Et encore moins du Pole Dance dans mon salon.

Un mat juste à côté du canapé, pourquoi pas. Mais quand vient le tant attendu moment des parents – comprendre quand les plus-si-minis ronflent enfin - j’avoue que je préfère me vautrer allègrement sur ledit canapé (qui est assez grand pour 2) que de risquer un déchirement musculaire avec une barre verticale. Bref, je m’égare.

 

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Ce qui a changé depuis un an, c’est que certaines de mes soirées sont désormais partagées avec d’autres parents, à causer plannings, inscriptions, bilan comptable et autres impayés. Oui je sais, ça fait triper. Trop bien la soirée ! Disons que j’ai choisi de quitter le monde des « parents qui râlent » (même si je n’avais jamais pris mon adhésion) pour débarquer dans celui des « parents qui triment et répondent au mieux aux parents qui râlent ». J’avais un large choix puisque, dans ma commune, les parents d’élèves gèrent non seulement le Sou des écoles, mais aussi le périscolaire et la cantine. J’ai privilégié l’association la moins plébiscitée bien qu’indispensable, et pour laquelle j’avais des choses à apporter.

 


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Là tu te dis surement que le Pole Dance aurait fait un billet un peu plus drôle et attractif, n’est-il pas ? Que nenni, te répondrais-je. Hier soir, par exemple, j’ai vécu une soirée très funny. Si si. Surtout lorsque la porte du local s’est refermée derrière nous. Avec les clés et toutes nos affaires à l’intérieur. Evidemment. Pour ajouter du piquant, l’horloge indiquait minuit quinze. Autant dire une heure plus propice au Pole Dance qu’à un appel à un pas-tout-à-fait-ami qui aurait éventuellement un double du passe-partout. N’en déplaise, j’avais la chance d’avoir mes clés de voiture et de maison sur moi, contrairement à mon acolyte. Damned. Dont le conjoint dormait si profondément que toutes nos tentatives pour qu’il vienne lui ouvrir sont restées infructueuses. Double damned. Ni la sonnerie du téléphone, ni les messages plus ou moins menaçants sur le répondeur, ni même la sonnerie de la porte d’entrée et les cailloux jetés contre les volets n’ont eu raison de son sommeil. Je dois reconnaitre que la zénitude de ma compagne de galère m’a rapidement bluffé, et nous a permis de prendre tout ça à la rigolade. Il n’y avait pas mort d’homme en même temps. Juste des lumières qui étaient vouées à rester allumées toute une nuit. J’ai donc proposé mon canapé, le fameux, à  ma camarade, laquelle se demandait ce qu’il se serait passé si elle avait eu un accident grave par exemple. Je crois bien qu’après cette soirée, l’idée d’appeler en premier sa moitié ne lui viendra définitivement plus à l’esprit.

 

Donc, en ce mercredi d’automne, c’est avec un enthousiasme débordant (sic) que je me suis levée tôt (pfff) pour mettre la main sur le sésame qui délivrerait nos affaires de leur prison. Non parce que mon portable était séquestré quand même. Bordel. Il y avait urgence. Quelques heures plus tard, l’affaire était réglée et deux doubles de clés déjà confectionnés. On n’est jamais trop prudent.

 

Je suppose qu’à l’heure où j’écris ces lignes, l’anecdote a déjà fait le tour du village et que ma réputation n’est plus à faire. Même pas honte, j’assume. D’ailleurs ce n’est pas une première pour moi, cette histoire de clés enfermées. La dernière fois c’était dans le coffre de la voiture, les portes étant naturellement closes. Nous étions inévitablement à l’autre bout de la France, un dimanche à 17h, après une soirée festive et une nuit écourtée. Je remercie encore Grandhomme d’avoir gardé son self control alors qu’il bouillait à l’intérieur. Comment je le sais ? De la fumée sortait de ses oreilles. Je bénie également notre assureur et sa ligne 24/24 qui nous a envoyé fissa un dépanneur pour jouer les cambrioleurs et rouvrir notre monospace avant la nuit. Bref, je digresse encore.

 

Tout ça n’est pas vraiment représentatif de mes activités associatives, je te rassure. Ou pas. Surtout qu’en ce moment, les problèmes s’accumulent, donnant parfois envie de tout lâcher pour retrouver la quiétude de soirées-télé plutôt que des brainstormings par mails. Mais de mon point de vue, c’est aussi ça être parent : mettre la main à la pâte pour que nos plus-si-minis soient bien accueillis et entouréd. Même pendant qu’on sue sang et eau pour leur ramener de quoi manger. Quoi, j’en fais trop ?


 


C'était ma contribution aux Etre mère, de Babidji.

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