Aujourd’hui j’ai envie de causer fratrie. En plus il semblerait que ce soit LE sujet brulant du moment décliné sur la Toile. Et pour cause, on arrive dans la période où il devient difficile de les envoyer se défouler dehors, nos petits mômes prêts à se jeter l’un sur l’autre au moindre prétexte. Non, désormais il va falloir compter sur la proximité, la promiscuité, la mitoyenneté. Et encore, je ne te parle pas des voisins, ceux-là même qui viennent se plaindre du tapage nocturne à 18h32. Pile l’heure post devoir et ante bain.

 

Ce qui est toujours troublant quand on a plusieurs enfants, c’est de les voir aussi complices et pires ennemis à la fois. Sans blague, ça vous rend pas maboule ces changements de personnalités ? Ils passent un après-midi entier à préparer ensemble un parcours de billes, se prêtant leurs jouets, échangeant des idées. Et puis un grain de sable suffit à mettre le feu aux poudres. (Je mélange les expressions si je veux). Et là, quand ils se mettent sur la tronche, ils ne font pas semblant, les diables. Les coups pleuvent, il y en a souvent un (ou plus ?) qui pleure à la fin. Les noms d’oiseaux et les cris de hyènes sont également impressionnants. Et encore, je n’en ai que deux spécimens !

 

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Comment réagir dans ces cas-là ? Honnêtement, quand je suis dans les parages, j’ai du mal à ne pas prendre la défense du plus « faible ». A ne pas réprimander le plus criard, ne serait-ce que parce que mes oreilles aussi, se sentent agressées. Sauf que … j’ai remarqué que c’était toujours les mêmes situations qui revenaient. Et toujours le même enfant qui se faisait enguirlandé, et qui, forcément, le vivait mal. D’autant plus qu’il n’était pas forcément le plus fautif.

 

Maintenant que je me sens libérée d’une certaine pression, je me sens beaucoup plus à même de mettre en pratique ce que j’ai lu et entendu par-ci par-là et ailleurs. A savoir les laisser se débrouiller. Oui je sais, tu t’attendais à une idée une peu plus ... innovante, hein. Sauf que non, y a pas de mystère, en matière de parentalité. On a tous testé plein de pistes, il n’y a pas vraiment de révolution à attendre en la matière. En même temps si le dernier accessoire geek ou technologique permettait de pallier aux difficultés des relations humaines, ça se saurait, non ?  Bref.

Ce n’est pas si nouveau que ça pour moi non plus, de rester en retrait pendant le combat de coqs. Ne rien faire, les laisser s’entretuer, j’ai déjà fait. Sauf que ma raison était davantage du « J’ai pas la force, je préfère siroter mon apéro » ou encore du « Si je m’en mêle, je ne vais pas réussir à me contrôler, courage, fuyons ! ». On était loin du choix raisonné et réfléchi, isn’t it ?

 

Bon, c’est bien beau tout ça, mais dans les faits, ça change quoi ? Plus de cri, plus de pleurs ? Heu, si, ne rêvons pas. Mais la plupart du temps ils se tarissent d'eux même. Parfois les portes claquent et les enfants vont jouer chacun de leur côté. Parfois l’un fait l’effort d’exprimer sa demande plus calmement, de proposer une solution, un compromis, et les revoilà partis pour inventer de nouvelles aventures playmobilesques.

 

En fait, c’est exactement ce point là qui me botte. Les laisser apprendre à se sortir tous seuls de situations plus ou moins compliquées. C’est d’ailleurs quelque chose que je leur dit souvent : « Je sais que tu peux trouver une solution qui TE convienne ». Sauf que depuis le berceau, j’ai eu moult occasions pour les trouver à leur place ces solutions (qui ME convenaient pour le coup). Et ce n’est pas évident de changer de façon de faire. Déjà pour moi qui, parfois, trouve plus rapide et plus naturel (le galop, tout ça) de leur donner des idées. Et pour eux de passer du mode « Je suis coincé(e), je vais demander à maman » au mode « Je suis coincée, comment je pourrais m’en sortir ? ». J’use aussi d’une alternative, pour les cas où on n’a matériellement pas le temps (ou pas la patience) de les laisser cogiter, ou qu’ils ne sont vraiment pas décidés : je leur offre deux possibilités, à eux de faire leur choix. La plupart du temps, comme mes idées sont moisies elles ne leur conviennent pas, mais ça ouvre la voie à une troisième issue à laquelle je n’avais pas pensé. D’ailleurs, parfois je fais juste exprès de proposer des trucs qu’ils ne vont pas aimer. Juste pour donner une légère impulsion.

 

L’intérêt du truc ? Déjà ils sont super fiers d’avoir dégotté eux-mêmes une idée. Et ça, c’est déjà  une fin en soi. Et puis soyons honnêtes, c’est quand même plus agréable de ne pas avoir à se coltiner leurs chamailleries, non ? Alors j’avoue, garder son self control, se retenir d’intervenir quand les cris fusent et qu’on est crevé par notre journée, ça ne coule par forcément de source. Mais tiens, ce ne serait pas l’heure de l’apéro, là, chéri(e) ? Fermons donc leur porte et tachons de profiter de ce petit tête-à-tête improvisé…

 

 

C'était ma contribution aux Etre mère, de Babidji.


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