Pour ma première participation aux Vendredi Intellos, je voudrais aborder la difficulté que je rencontre souvent : parvenir à écouter vraiment mes enfants. Et oui, dans ce cas précis, comme dans beaucoup d'autres d'ailleurs, la connaissance du concept n'est pas suffisante pour arriver à le mettre en place.

 

 

Mes nombreuses lectures m'ont aidées à comprendre que les enfants ont besoin, eux aussi, d'exprimer leurs émotions. À nous, parents, adultes, de leur donner les clés pour y parvenir. Ce qui n'est ni facile, ni naturel, avouons-le. Une semaine bien chargée, une accumulation de manque de sommeil, voilà déjà deux exemples qui, chez moi, font revenir le naturel au galop, et m'éloignent de mon objectif. Et même dans les meilleurs moments, il n'est pas évident de ne pas commenter, consoler, donner des réponses face à des enfants tout chamboulés.


Alors pour me remettre sur les rails et par la même occasion vous faire une piqûre de rappel (ou une première dose de vaccin peut-être), voilà quelques conseils tirés du fameux Au cœur des émotions de l'enfant, d'IIsabelle Filliozat. J'avais marqué la page lors de ma première lecture, signe que ce passage me parlait déjà beaucoup.

« Ne cherchez pas à solutionner le problème mais à aider votre enfant à exprimer ce qu'il ressent. Accueillez ses émotions, comme si vous étiez un bol qui accueille de l'eau. »

Bon, difficile de se prendre pour un bol, ce n'est pas très valorisant non plus, je vous l'accorde. Mais je pense que l'idée est de mettre nos propres émotions de côté, le temps que notre petit (ou grand) puisse exprimer les siennes, sans crainte, sans pression.

Les mots que vous pouvez utiliser :

C'est dur pour toi de …
C'est difficile …
Je vois que … (tu es triste, ça ne va pas trop bien aujourd'hui...)
J'imagine que...
Je comprends que tu dois souffrir de...
Tu es... (triste, en colère, inquiet...)
Tu te sens triste à l'idée de... (ne plus voir votre maison...)
Tu as envie de... (te venger, ne plus jamais le voir, lui téléphoner...)
Tu aimes... (la musique, les oiseaux, les animaux...)


Pour l'aider à aller plus loin, posez aussi des questions ouvertes:

Bannissez le "pourquoi" qui peut être vécu comme culpabilisant et qui fait appel à la réflexion plus qu'au ressenti qui nous intéresse, et tentez des questions en termes de mettre "qu'est-ce que", "comment" ou "de quoi". Faites l'expérience, vous verrez la différence.


Qu'est-ce qui se passe?
Qu'est-ce que ça te fait?
Qu'est-ce qui se passe pour toi quand...
Qu'as tu ressenti quand ...
Qu'as tu pensé quand...
Qu'est ce qui te rend le plus triste ? en colère ? (quand cette émotion est manifeste)
Qu'est ce qui te manque le plus ?
Qu'est ce qui te préoccupe le plus ?
Qu'est ce que tu penses (de l'attitude de cette personne, de tel comportement …) ?
Comment ressens-tu … (cet événement, heureux ou malheureux)
(…)
Qu'est ce que tu t'imagines ?
De quoi as-tu le plus peur ?,
De quoi as-tu besoin ?

Quand votre enfant vous a confié suffisamment d'éléments, vous pouvez tenter une reformulation complète (attentio, il ne s'agit pas d'une interprétation (…) mais de la reformulation de ce qu'il vous a dit). (…)

Voici deux exemples de ce type de phrases :

« Quand tu poses une question et que ton professeur te dit que tu es nul, tu te sens en colère parce que tu aurais besoin qu'il t'aide à comprendre. »

« Quand ta sœur reçoit ses copines, tu te sens seul et triste parce que ça te rappelle que ton meilleur copain a déménagé. »

 

 

Voilà un petit extrait qui résume l'essence de ce livre. Vous conviendrez que ça a l'air simple à mettre en place. Et pourtant ! Dur dur de lâcher nos propres émotions, et surtout de se mordre la langue dès qu'un début de solution ou d'interprétation nous vient en tête. Les habitudes ont la dent dure.


Et si on commençait par l'appliquer sur nous-même, cette écoute ? Si on décidait de se mettre à l'écoute de nos propres sentiments également, ce ne serait pas un bien ?


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