debord.jpg

 

Dans l’épisode précédent je racontais mes mésaventures de mère en quête de solutions pour s’améliorer, en énumérant les écueils des lectures ainsi que le poids des recommandations. Les deux menant finalement à la culpabilité. Tu veux connaitre la suite de mes réflexions hautement philosophiques ? C’est parti !

 

 

Quand la critique remplace l’encouragement

A force de naviguer dans les eaux plus ou moins troubles du net, et pour ne pas la citer, de la blogosphère, on tombe régulièrement sur des polémiques qui n’ont pas lieu d’être. Sous prétexte qu’untel(le) exprime son opinion ou son vécu sur des sujets a priori banals, on ressent que quels que soient les choix que l’on fasse, il y a toujours des détracteurs. Des personnes qui ne cherchent pas à comprendre, qui veulent simplement juger, critiquer, enfoncer. Je ne compte plus le nombre de billets de mamans lus récemment qui évoquent les critiques de leurs proches sur leur façon d’agir, particulièrement en matière d’éducation. Comme si chacun avait un droit de regard sur la façon dont le voisin élève son gosse. Je me demande bien pourquoi ce sujet en particulier crée autant de controverses. Quel parent n’a jamais expérimenté la difficulté de prendre des décisions sans trop savoir où il va, en matière d’éducation ? Cela n’est-il pas suffisant pour le rendre plus compréhensif envers les autres parents ? Apparemment non.

 

Si on prend le sujet, hautement épineux s’il en est, des maternantes. Je trouve déjà le terme en lui-même péjoratif, tellement les articles lus me paraissent, en général, dénonciateurs et calomnieux. Et même si je ne suis pas concernée, j’ai juste envie de dire : « Est-ce qu’on t’a demandé ton avis ? Où sont le respect et la tolérance là ? » Qu’on ne comprenne pas, et ne cherche pas à comprendre le comportement de l’autre, OK. Mais de là à juger et polémiquer sans fin, à culpabiliser et véhiculer des fausses idées, j’avoue que là c’est moi qui suis dans l’incompréhension.

 

Alors quand, comme moi, tu cherches tes marques, tu tâtonnes et tu hésites, voir que des gens s’entre-déchirent virtuellement sur le sujet, ça ne met pas spécialement en confiance.

 

 

Quand la nature y met du sien

Sous prétexte qu’une naïve femme se serait laissée embobiner par un perfide serpent pour croquer dans une foutue pomme il y a des siècles de ça, l’être humain serait aujourd’hui vil et mauvais. Bon d’accord, je schématise un peu, voire j’extrapole. Mon propos ne se veut d’ailleurs pas biblique, seulement imagé.

 

Quand on s’aventure sur le chemin du développement personnel par exemple, on comprend rapidement que pour arriver à bien, il va nous falloir nous battre sans cesse … contre nous même. A croire que, pour une fois, la nature humaine est mal faite. Nous avons beau être dotés d’intelligence et d’émotions, coordonner tout ça et parvenir au bien-être n’est pas chose aisée. Le bien-être est un état qui touche à la santé, au plaisir, à la réalisation de soi, à l'harmonie avec soi et les autres, me dit Wikipédia. Voilà qui fait envie, il est donc logique que ce soit le Graal de beaucoup d’entre nous.

 

Mais ce qui me pose un problème, là maintenant tout de suite, c’est de concilier cet état de plénitude et de lâcher-prise, avec toutes les étapes que cela suppose. Pour une personne timide par exemple, et qui en souffre, l’affirmation de soi semble être une étape importante. Apprendre à prendre la parole, à dire non, à faire un compliment, à faire face aux manipulations, et j'en passe. Autant de situations, autant de caps à franchir. Je sais que la méthode a fait ses preuves, qu’elle est efficace, si on s’en donne la peine. Comme de nombreuses autres d’ailleurs. Il suffit de se promener dans le rayon Bien-être d’une librairie pour appréhender l’ensemble des possibles en matière de remise en question.

 

Mais c’est justement ça qui me chagrine. Pourquoi allons-nous si mal par nature ? Pourquoi la sérénité ne fait pas partie du package de base ? Pourquoi, alors qu’on est tous fait sur le même modèle, n’arrivons nous pas à nous entendre, à nous comprendre ? Pourquoi sommes-nous plus enclins à tomber dans les écueils qu’à sublimer notre nature humaine ?

 

Bien sûr, nombreux sont ceux qui me diront que tout est là, quelque part. Mais que le vécu de notre enfance, voire de notre vie intra-utérine ou des générations précédentes a faussé la donne. Que rien de tel qu’une bonne psychothérapie pour remettre de l’ordre là-dedans et se sentir mieux. Oui, pourquoi pas. Mais voilà quoi, on n’a pas tous l’envie, le courage et le temps d’en passer par là.

 

 

Mon ressenti du moment, tu l’auras compris, c’est le ras-le-bol. Déjà de voir que les chantiers en cours n’avancent pas. Ensuite de devoir produire toujours plus d’efforts pour m’améliorer. Donner et donner sans même avoir l’assurance de recevoir. Et la peur de perdre un peu de moi-même dans cette quête commence aussi à me tarauder. Mon humeur est particulièrement lunatique, ma patience joue les capricieuses. Mes rêves nocturnes sont tellement tordus que je soupçonne mon subconscient d’essayer de faire passer un message : « Décroche ! » J’ai juste envie de me vider la tête. De laisser couler. Vraiment. Et de voir ce qu’il en ressort.

 

 

 

C'était mon Pavé dans la Mare de la Mère Cane !

vignette les pavés dans la mare 

 

Rassures-toi, je ne suis pas en déprime profonde, juste en surmenage de remise en questions. Qui a dit que ça me pendait au nez ?

Retour à l'accueil