apprenti

 

Aujourd'hui, sujet hautement glamour s'il en est. Classique dans les familles où il y a un petit de deux/trois ans, j'ai nommé l'apprentissage de la propreté. Ben oui, désolée, ça fait partie de package. Je te rappelle que c'est un blog de mère de famille. A ne pas confondre avec un blog de merde famille. Désolée, comme tu vois ça commence à déteindre sur moi. Enfin pas trop j'espère, parce que côté odeur, c'est pas très sexy. D'ailleurs, faut le dire, et si tu connais, même si c'est déjà loin, je suis sûre que tu vois ce que je veux dire, cette période n'est pas sexy DU TOUT. Et en tous points.

 

Alors pour toi, jeune nullipare qui passait par-là et qui cherchait une bonne répartie face aux éternels « Alors, et vous, quand est-ce que vous vous lancez ? Un bébé pour 2013 ?! », tu trouveras sûrement ton bonheur dans ce billet.

 

 

Bon déjà, il faut se remettre dans le contexte. Dès les deux ans du môme, à chaque rencontre avec un quidam, ami(e) ou grands-parents, sans oublier la factrice, la voisine ou la mamie du coin qui guette le passant pour égailler sa journée, et sans parler du pédiatre, une seule question sur toutes les lèvres :

 

Alors, est-ce qu'il est propre, ce petit ?

 

Déjà, j'ai envie de te dire, est-ce que je te demande si t'as fait popo ce matin, toi ? Nan parce que quand même, on parle des déjections de mon petit dernier, là. Il n'y a pas plus intime, comme sujet. Et hors mis le fait que déjà il a bien le temps de s'en préoccuper à deux ans tout rond (et moi aussi, soyons francs, je ne suis pas pressée), je n'ai aucune envie de le braquer là, maintenant, tout de suite. J'ai la chance d'avoir un môme aux intestins détendus du slip (ben quoi, si t'es encore là c'est que tu voulais des détails, non?), je vais tout faire pour qu'ils le restent.

 

 

Donc, tu imagines qu'à trois ans passés, à moins de deux mois de sa première rentrée en maternelles, on a eu bien le temps d'y penser, au fameux apprentissage de la propreté. D'ailleurs, au passage, je précise qu'il n'était pas spécialement sale avant, mon gosse. C'est quoi cette expression la « propreté » ?! Je dirais même qu'il est sans doute moins propre maintenant. Rapport aux petits accidents, aux petites gouttes qui annoncent les chutes du Niagara imminentes, aux cacas qui s'invitent sans prévenir. Ben quoi, faut bien que j'illustre, pour ceux qui ne sont jamais passé par là, les pauvres les chanceux.

 

Au moment où je te parle, enfin t'écris, j'ai pris bien soin de laver consciencieusement mes deux mains, histoire d'épargner le clavier d'éventuelles traces de matières fécales. Oui, bon ben, ne fais pas ton précieux, hein, c'est la vie, ça aussi !

 

 

Durant cette période ô combien bénie qu'est l'apprentissage, tu gardes toujours un œil sur ta montre pour demander toutes les dix minutes à ton joli môme s'il n'a pas besoin d'aller aux toilettes. Et tu laisses toujours une oreille traîner pour entendre le moindre murmure de ton petit-chéri. Au cas où un « Maman, le pipi il veut sortiiiiiir » se fasse entendre. Parce que tu comprendras aisément que dans ces cas-là tu ne peux pas énoncer un vague « Oui, j'arrive » tout en finissant tranquillement (au choix) ton verre / ta conversation / de vider le lave-vaisselle / d'étaler une pâte à tarte / de faire un exercice de wii-fit. Non. A cette annonce-là, tu cesses dans la seconde toute activité pour te précipiter sur ton apprenti, le déboutonner en urgence, et l'installer, juste à temps, sur le trône.

 

Ah oui, parce que je ne t'ai pas dit. Mon mini-loup a décidé que le pot, c'était nul. Et que le rehausseur pour mini-culs, c'était pas in. Enfin surtout chez nous. Parce qu’apparemment chez papy-mamy ou chez superNounou, il fait moins son délicat. Bref. Oui ça complique. Mais en un sens, ça m'arrange. Parce que j'ai quelques souvenirs de pots bien remplis lors de cette même phase chez Choupette. Et l'étape du vidage de pot après la sieste, ou l'étape du nettoyage du même pot, me laissent encore nauséeuse aujourd'hui, rien que de les évoquer. Donc définitivement, l'initiation directement sur les toilettes, je vote pour.

 

 

Au rayon des trucs trop fun qui accompagne cette période des plus passionnantes, il y a les nombreux questionnements. Quel est le meilleur moment pour initier l'apprentissage ? Le laisser cul-nu ou en slip au risque qu'il ne veuille plus rien porter d'autre ? Ou l'habiller normalement avec la démultiplication de linge sale que ça suppose ? Comment choisir entre un siège auto potentiellement maculé et un léger écart (un retour de la couche quoi) le temps d'un mini-trajet en voiture ? Bien sûr pour les longs trajets, on ne se pose pas la question. Le siège auto n'est pas auto-nettoyant comme son nom ne l'indique pas. Quel ton prendre face aux refus répétés du mini-nous d’ôter ses couches ? Comment rester cool alors que la rentrée approche et qu'il est in-dis-pen-sable qu'il soit propre d'ici là ?

 

 

Oui, je sais, je sais, que de questions hautement philosophiques pour les jeunes parents que nous sommes. Et encore, ne te plains pas, je t'ai épargné une longue séries d'interrogations diverses et variées qui n'échappent à aucun parent durant les premiers mois de vie d'un aîné. Et dont les réponses sont toujours évidentes aux yeux des autres. Soit heureux(se) que je n'ai décidé d'ouvrir un blog que plus tard.

 

 

Mais je tiens à te rassurer, toi, cher(e) nullipare perdu(e) sur mon blog, si tu as eu le courage de lire jusque là. Le pipi-caca n'est pas notre sujet de discussion de prédilection. Nous aspirons à sortir au plus vite de cette phase anale tellement chère à Freud. Mais, à bien y réfléchir, sommes-nous vraiment pressés d'entrer dans les joies de l’œdipe ? Ou celles de l'adolescence ? Il est fort à parier qu'à ce moment-là nous repenserons à nos déboires de pots avec une certaine nostalgie.

 

 

Et toi, une anecdote à partager, histoire de compatir un peu ?


 

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