Quand y en a marre, quand y en a marre … quand y en a marre, y a Malabar. Ma-la-bar.

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Il m’en faudrait un bon paquet alors, si j’en étais friande. On pourrait pas remplacer par des M&Ms par exemple ? Sauf que je risque de tomber dans le paquet et de ne plus en ressortir. C’est mon  nouvel amoureux qui va être content, tiens.

 

Tu te demandes ce qui me met dans cet état de râlage intensif ? Bouge pas, tu vas comprendre.

 

Vois-tu, je suis du genre à me remettre en question (non, sans blague ?!), à loucher sur la paille que j’ai dans l’œil, sans me préoccuper des poutres qui dépassent du regard des autres. Je suis prête à changer mes façons de faire pour améliorer les choses. Je voudrais tout bien faire comme il faut, pour que tout aille bien. Et ce, dans un peu tous les domaines : santé, éducation, couple, bien-être, pourquoi se limiter ?

 

Sauf que (tu te doutais bien qu’il y avait un Mais, enfin un Sauf que, pour le coup) à force de courir après la justesse (la perfection n’étant pas mon but), on finit par se vautrer. En beauté. Je suis actuellement étalée de tout mon long sur la chaussée, aussi prière de ne pas m’écraser au passage, tu seras bien gentil(le). Et dans mon état horizontal, même si ce n’est pas le plus approprié pour invectiver, tu te doutes bien que je ne vais pas m’en priver. Voilà donc la liste, non exhaustive, de mes coups de gueule du moment, qui malheureusement ne s’adressent à personne en particulier.

 

 

Savoir ce qu’on devrait faire, c’est parfois pervers.

Tu n’es pas sans savoir que moi et l’instinct maternel, on n’est pas super copines. Du coup, pour pallier à ça, j’ai lu différents bouquins. Un certain nombre. J’ai fait le tri récemment, et même en ne gardant que les références, ça remplit une étagère complète. Heureusement pour moi, ceux que j’ai choisis vont tous dans le même sens. A savoir une éducation positive et non violente. Déjà, je n’ai pas à me prendre la tête sur telle ou telle approche, mon choix c’est fait tout seul, instinctivement. Sur le papier, on est nombreux à dire que c’est très chouette comme concept éducatif*. Une fois le livre fermé, on imagine avoir trouvé LA solution, que tout marchera comme sur des roulettes. Vive l’écoute active, bénis soit les messages-je. Sauf que (oui, encore lui), la baguette magique n’est pas fournie avec le bouquin. Du coup on galère un peu quand on essaye d’appliquer le fameux concept. Surtout s’il suppose de changer profondément notre façon de faire. La même qu’on savait déjà qu’elle n’était pas terrible, mais qu’il nous manquait les bonnes clés pour l’améliorer. Alors on tâtonne un peu. Beaucoup même. Tiens, bizarre, là dans le livre, le gamin il réagit au quart de tour quand le parent applique la méthode. Le mien non. Et pourquoi, au lieu d’éteindre le feu, ai-je l’impression d’ajouter du combustible ? Comment savoir si je fais bien ? Et puis, quand on n’a pas l’appui de sa moitié, c’est d’autant plus difficile. Ben oui, c’est comme ça quand seulement l’un des deux ressent le besoin de remettre les choses en questions.

 

Mais le côté vraiment pervers, dans l’histoire (oui, j’y arrive), ce n’est finalement pas d’abandonner la méthode alors même que tu crois en son bien-fondé. Non. C’est de ne pas arriver à l’appliquer et à revenir, par défaut, à des manières de faire que tu sais néfastes. Sauf que cette fois, tu en as la certitude, qu’elles sont mauvaises, puisque c’est écrit noir sur blanc. Bon, en vrai la plupart de ces bouquins ne font pas l’apologie de ce qu’il ne faut pas faire, ils se concentrent sur ce qu’il serait bien de faire. Note un peu la nuance. Il n’en reste pas moins que si tu es convaincu par la méthode, tu as vite fait de faire le lien. Du coup, quand le naturel revient au galop, et que tu vocifères à tout bout de champ au lieu de te mettre à la place de ton interlocuteur, la seconde qui suit ta conscience te rappelle à l’ordre. Et c’est le début de la culpabilisation. Un peu comme quand tu dégustes une bonne crème glacée avec chantilly et chocolat chaud alors même que tu avais décidé d’être raisonnable, eu égard aux chiffres annoncés par ta balance le matin même.

 

*Tu n’es pas obligé d’adhérer au contenu que je propose, hein. Si l’éducation positive c’est pas ta came, tu peux remplacer par Développement personnel, Communication, Relaxation, Pédicure ou Tricot si ça te chante, le principe reste le même : c’est l’application qui pêche.

 

Plus on avance, plus la route est longue

Cette fois-ci je vais prendre l’exemple de la santé pour changer. Si par hasard tu as eu l’occasion de faire un petit check-up récemment, et qu’en peu de temps tu es passé voir ton médecin, ton cardiologue, ton dermato et ton coiffeur (ben quoi, c’est important les cheveux aussi, non ?) et les autres, tu sais de quoi je parle. Mais si, tu sais bien, chez la plupart de ces professionnels-là, tu ressorts avec des recommandations, qu’elles sont méga supra importantes. Ainsi tu dois manger PLUS équilibré, faire du sport TOUTES les semaines, arrêter TOUS les produits laitiers pour venir à bout de tes boutons et te mettre quarante produits sur la gueule, te faire un soin des cheveux TOUS les mois. Et encore, je t’épargne les conseils de la sage-femme qui t’annonce gentiment que ces exercices périnéaux d’après grossesse, il faudrait les faire tous les jours de ta petite vie pour que ce soit vraiment efficace. Sans quoi tu risques de troquer les Pampers des gamins contre des Tena triple épaisseur. Mince, j’avais dit que je t’épargnerais, c’est raté.


Ah, j’oubliais aussi ce bouquin (encore un), genre Dictionnaire illustré du corps humain, acheté par défaut à cause d’un abonnement à la con, résilié depuis. Bref. Ce fameux livre, feuilleté certainement pendant un passage aux toilettes (What else ?), m’apprenais que se brosser les dents, c’était bien, mais pas suffisant. Il fallait aussi utiliser un fil dentaire quo-ti-dien-ne-ment. « Vous n’avez pas le temps ? Alors choisissez les dents que vous voulez conserver et passez-le uniquement autour de celles-ci ! » pouvait-on lire. Et drôle avec ça ! Autant te dire que je l’ai refermé illico et qu’il ne me sert désormais qu’à répondre aux divines questions enfantines du genre « C’est quoi le foie ? C’est comment dans mon ventre ? ».


En fait je ne sais pas pourquoi je me prends autant la tête sur l’éducation. Avec tout ce que je devrais faire pour rester en vie moi-même, je n’aurais plus du tout de temps à consacrer à mes loustics. Problème réglé.


La suite au prochain épisode …

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