… 24 saisons, 72 mois, 2190 jours, 52560 heures que tu es là. Que tu partages notre vie. Que tu changes notre vie. Avant toi, nous étions des amoureux avec des projets, des envies et des rêves de couples. Avoir un enfant était l’un de ces rêves. C’était une évidence, pour l’un comme pour l’autre, depuis l’enfance. C’est devenu une réalité, à travers toi.

 

A peine née, tu me bouleversais déjà. Comment résister à ce petit bout de nous, si nouveau et tellement familier à la fois ? L’hypersensibilité m’a gagné et ne m’a plus jamais quitté. C’est toi qui m’as appris à pleurer de joie, pour un rien, un sourire, un souvenir, un instant Milka. Toi qui as fait de moi une mère. Combien de fois me suis-je retournée, étonnée de voir notre reflet dans le miroir, me demandant si ce bébé dans mes bras était vraiment le mien ?

 

 

Que de chemin parcouru depuis nos premiers émois. Que de questions, d’émerveillements, de découvertes. Que de colères, de larmes, de nuits agitées. Que de bobos, d’éclats de rire, de gourmandises et de complicité. Que d’activités partagées, de prises de bec, de claquements de portes. Que de bavardages, de questions étonnantes, de compromis et de fascination.

 

 

Le doute aussi m’a pris par surprise. Prendre soin d’une vie, donner une éducation, aider une personnalité à se forger, ça peut avoir un côté terrifiant. Quelle responsabilité pour une mère qui se découvre, qui l’eu cru, terriblement lacunaire. Mes remises en questions perpétuelles permettront, je l’espère, d’équilibrer la balance. De faire que tu grandisses bien, en paix avec toi-même. Malgré le fait que tu sois l’aînée, place ô combien difficile s’il en est.

 

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Aujourd’hui encore, le miroir me fait de l’oeil. Dans la glace, c’est toi que je regarde. Notre ressemblance, physique évidemment, mais pas seulement, m’interroge. Si proches et si différentes à la fois. Deux foutus caractères qui cachent une si grande sensibilité. Arriverons-nous à la laisser s’exprimer davantage, à laisser tomber le voile ? 

 

 

Mais nos petits conflits mère-fille ne semblent pas entacher ton potentiel à dévorer la vie à pleines dents. Même tes molaires qui sortent à peine veulent goûter au festin. Je voudrais graver à jamais ces quelques images de toi. Chantant et dansant à tue-tête, nue devant la glace de la salle de bain. Préparant dessins, peintures ou bricolages de ta propre création, minutieusement, avant de les offrir avec bonheur. Posant devant l’appareil photo, prenant des poses extravagantes et drôles. Inventant des noms de métiers, tels peintureuse ou dessineuse. Poursuivant ton frère à travers la maison, le faisant hurler de rire ou de peur. Aborant avec plaisir et fierté ton ourson fraichement décroché. Téléphonant tout en se dandinant à ton fan club d'anniversaire.

 


Ton appétit fait plaisir à voir. Il contribue très largement à mon bonheur. Croque, ma fille, croque-là cette vie qui s’offre à toi. Profite de chaque instant, de chaque miette. Continue de vivre chaque chagrin et chaque colère pleinement, pour en ressortir plus forte et plus souriante encore, si c’est possible.

 

 

Depuis toi nous sommes des parents avec des projets, des envies et des rêves à partager en famille. Auxquels s’ajoutent tes projets, tes envies et tes rêves à découvrir, à accompagner, ou à admirer de loin, en simples témoins.

 

 

Merci pour tout ça, et surtout, bon anniversaire, ma Choupette !


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